Revenir à la rubrique : Faits divers

Trafic de drogue : la maquilleuse pincée avec 172.000 euros reste en prison

Ecrit par Eric Lainé – le vendredi 29 août 2025 à 06H03

Mercredi, le tribunal a prolongé la détention d’une femme de 25 ans soupçonnée de transporter de l’argent provenant d’un trafic de drogue. Le 10 juillet dernier, les douaniers l’avaient interceptée au départ de l’aéroport Roland Garros avec la bagatelle de 172.310 euros.

La hausse constante des interceptions de mules à l’aéroport Roland Garros en provenance de l’Hexagone indique que le trafic de drogue prospère sur l’île. Pas une semaine ne s’écoule quasiment sans que les douaniers et les services d’enquête ne procèdent à une arrestation, généralement de jeunes femmes en provenance de la région parisienne ou de la Guyane, plaque tournante d’un trafic qui se mesure en tonnes.

Plus d’une trentaine de mules en ont déjà fait les frais à La Réunion depuis le début de l’année. Sans compter celles qui sont passées à travers les mailles du filet, sachant que les arrestations sont limitées en raison de la capacité des effectifs disponibles. Une faille dont les trafiquants se jouent en utilisant des leurres dont certains suspectent qu’ils sont balancés à dessein.

Vers un marché local mis en coupe réglée

La Réunion – on le sait – est un marché prometteur qui attise la convoitise de petits délinquants locaux mais aussi de trafiquants extérieurs bien plus aguerris qui tentent de le mettre en coupe réglée. La condamnation, la semaine passée, d’un Guyanais à huit ans de prison ferme pour trafic de cocaïne et pour avoir ouvert le feu à trois reprises avec un pistolet Glock 17 sur un associé pour une « carotte de stup » témoigne de possibles et graves dérives à venir.

Lire aussi : Trafic de cocaïne : très lourde peine pour le "Guyanais" qui règle ses comptes à coups de Glock 17

Ces dernières semaines, un autre indicateur confirme cette montée en puissance de réseaux plus structurés qui cherchent à s’ancrer sur notre île. Les services des douanes ont ainsi procédé coup sur coup à l’interception de deux jeunes femmes en possession non pas de drogue mais de cash. Beaucoup de cash.

82.740 euros interceptés en août dernier

Le 17 août dernier, une jeune femme est arrêtée à l’aéroport avec pas moins de 82.740 euros sur elle. L’argent, dissimulé dans son sac et fixé sur son ventre à l’aide de sparadrap, était en partance pour la métropole.

Aucun doute n’est permis quant à l’appartenance de la suspecte à un réseau puisqu’elle s’est déjà fait pincer à deux reprises avec des sommes mirifiques. Son procès a été renvoyée au 22 septembre prochain et son mandat de dépôt prolongé d’ici là.

Une plus grosse cagnotte en juillet

Un mois avant elle, une autre jeune femme, âgée de 25 ans et originaire de l’Essonne, s’est fait contrôler dans les mêmes circonstances avec un gros paquet de billets sur elle. Une cagnotte de 172.310 euros très précisément.

Novice la demoiselle ? Pas franchement à observer son aplomb à la barre du tribunal judiciaire de Saint-Denis où elle comparaissait ce mercredi après avoir demandé un délai pour préparer sa défense. Butée ? A l’évidence puisqu’elle a refusé de livrer le code de son téléphone aux enquêteurs du Service territorial de police judiciaire.

Mettant à profit le report de son procès, les enquêteurs ont d’ailleurs procédé à l’exploration de son compte bancaire et du fameux téléphone. Comme les résultats des investigations techniques venaient tout juste de rentrer, Me Sébastien Navarro a demandé que le procès soit de nouveau renvoyé. L’avocat entend se laisser le temps de la réflexion à la lumière des nouveaux indices collectés avant que sa cliente ne soit jugée.

« Sa loyauté envers le réseau »

En attendant, le substitut du procureur a demandé la prolongation de son mandat de dépôt en raison « de son manque de coopération, de ses mensonges et de sa loyauté envers le réseau auquel elle appartient ». Persuadé aussi, au vu des nouveaux éléments recueillis, que « le voyage était volontaire ».

La jeune femme, qui a débuté une activité de maquilleuse après avoir fait « un peu de management », savait à l’avance qu’elle resterait en prison. Si le tribunal l’a autorisée à embrasser sa sœur, présente dans la salle, il l’a maintenue sous les verrous jusqu’au 17 septembre prochain.

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :