Pluie d'hommage après le décès de Céline Viry, chanteuse et militante

Nous apprenons le décès de Céline Viry à l'âge de 81 ans. Chanteuse, elle s'est battue toute sa vie pour la reconnaissance du Maloya. Elle laisse derrière elle une famille nombreuse et son mari, Firmin Viry.
Antoine Fontaine :
Ti pa ti pa Madame Céline Viry la fini gran matin son sentié la vi à l'âge de 81 ans.
Son époux monsieur Firmin Viry chérie l'âme d'une femme qui à ces côtés durant 65 ans l'a comblé d'un amour précieux, tant il était pure.
Ces 7 enfants, 11 petits enfants et six arrières petits enfants conservent le souvenir d'une Maman aimante qui leur a enseigné que la vie malgré ces difficultés nous offrait aussi, si tentez que l'on vivait avec respect et dans le partage, les plus belles surprises.
Céline Viry fut une femme de caractère qui ne se laissait pas compter face parfois aux illusions que donnaient à voir le monde moderne.
Planteuse, chanteuse, épouse, militante infatigable de la cause des droits et de la Justice, mère de famille, Céline Viry aura aussi accompagné dans leur vie plus de 27 enfants placés à ses bons soins.
Elle est un emblème fort de notre société réunionnaise qui nous rassemble et fonde l'unité d'un peuple qu'elle espérait uni.
Pour ses amis sincères, Céline Viry est de cette trempe de femme qui ne meure jamais et restera graver dans notre mémoire à tous.
Huguette Bello - Présidente de Région :
J’apprends avec tristesse le décès de Céline Viry, femme de Firmin Viry, fille de Henri Lagarrigue et sœur de Simon Lagarrigue.
Céline Viry n’était pas seulement la compagne d’un grand artiste. Elle était aussi la gardienne d’un combat : celui de la reconnaissance et de la valorisation du maloya, musique de résistance, de douleur, mais aussi d’espoir et d’identité. Je me souviens que c’est chez le couple Viry que furent enregistrés, en 1976, par Jacqueline Meppiel, les deux premiers disques de maloya.Le maloya perd aujourd’hui un matrimoine de haute valeur, une chanteuse de talent, une femme dont le parcours a été tissé de courage, de dignité et d’un amour inébranlable pour les siens et pour sa culture.
La Réunion se souviendra de Céline Viry comme d’une sœur de cœur, dont la vie fut intimement liée à l’histoire d’un patrimoine devenu universel.
Lo kèr i plèr, maloya i plèr. Mais notre reconnaissance, elle, restera bien vivante !En ce moment douloureux, j’adresse, au nom de la Région Réunion et en mon nom personnel, mes plus sincères condoléances à Firmin Viry, à ses enfants, à l’ensemble de ses proches ainsi qu’à toutes celles et ceux qui sont touchés par cette perte.
Emmanuel Séraphin - Maire de Saint-Paul :
« J’apprends avec une profonde tristesse le décès de Marie-Céline VIRY, née Lagarrigue.Fille d’Henri Lagarrigue, grande figure du maloya, Marie-Céline Viry s’est éteinte dans cette maison de terre et de mémoire qu’elle avait bâtie avec son époux Firmin Viry, compagnon de vie et de lutte.
Ensemble, ils ont semé plus que des cannes : ils ont semé la dignité, la culture, la mémoire et la résistance. Planteuse, coupeuse de canne, mère, militante, elle fut de toutes les campagnes, de tous les engagements.
Dans les années de silence imposées au maloya, elle chante, elle joue, elle résiste. Aux côtés de Firmin, elle participe aux kabar clandestins, fait entendre cette voix réunionnaise qu’on voulait faire taire. Elle fait partie de ces femmes dont l’histoire officielle parle trop peu, mais sans qui rien n’aurait tenu debout.
Elle était de celles qui, par leur présence, leur courage, leur fidélité à la terre et aux siens, transmettent un monde.
À Firmin, à leurs enfants, à toute la famille VIRY, nous adressons nos pensées les plus sincères.
David Lorion - Maire de Saint-Pierre :
C’est avec une profonde émotion et une grande tristesse que j’ai appris le décès de Madame Céline Viry, épouse de Firmin Viry, artiste emblématique de notre île et figure tutélaire de la culture réunionnaise.
Nous avions évoqué avec toute sa famille les souvenirs de sa longue carrière lors de la dernière fête de la musique.
Madame Céline Viry s’est éteinte paisiblement dans son sommeil, entourée des siens, à l’âge de 81 ans. Sa disparition est une perte immense pour le patrimoine vivant de La Réunion, mais aussi pour Saint-Pierre, où le couple Viry incarne depuis toujours des valeurs de transmission, de militantisme culturel, d’humilité et de générosité.Militante infatigable, chanteuse, planteuse, femme engagée auprès de la jeunesse, Céline Viry a œuvré toute sa vie pour la reconnaissance du maloya, pour les causes justes et pour l’enracinement de la culture péi. Elle a également accompagné, avec une humanité remarquable, plus de 27 enfants placés au fil des années, dans un foyer rempli d’amour et d’écoute.
À ses côtés pendant plus de 65 ans, Firmin Viry a toujours salué la force, la discrétion et l’amour pur de celle qui a été son soutien indéfectible. Ensemble, ils ont marqué La Réunion d'une empreinte indélébile.
En mon nom personnel et au nom de la Ville de Saint-Pierre, j’adresse à Monsieur Firmin Viry, à ses enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants, ainsi qu’à toute la famille, mes condoléances les plus sincères et émues. Nous garderons d’elle le souvenir lumineux d’une femme debout, digne, passionnée et profondément altruiste.
Son héritage est immense, et nous saurons, à Saint-Pierre, lui rendre l’hommage qu’elle mérite.
Natou et Patrice SADEYEN :
Céline Viry s'est éteinte, et avec elle, une page du maloya s'est refermée. Mais sa voix, elle, ne s'éteindra pas. Elle résonnera dans chaque roulèr qui bat, dans chaque kayamb qui lutte, dans chaque kabar où la terre vibre sous les pas des enfants de l'île. Céline n'était pas seulement l'épouse de Firmin Viry, ce zarboutan que tout le monde reconnaît : elle était elle-même une figure debout, une militante, une gardienne inflexible d'un patrimoine trop souvent effacé, minoré, folklorisé.
Elle n'a jamais couru après les projecteurs. Elle préférait la lumière des veillées, les silences complices dans lakour, les regards chargés de mémoire qu'on échange entre vieux complices du combat culturel. Car oui, Céline Viry était une combattante. Une combattante de l'ombre, de l'intérieur, de ces luttes qui ne font pas la une, mais qui façonnent les fondations invisibles de ce qui tient debout.
Son engagement n'était pas un slogan, mais un mode de vie. Elle portait le maloya comme une seconde peau, non comme un costume de scène. Pour elle, cette musique n'était pas un divertissement, mais un acte de résistance. Dans ses gestes, ses paroles, ses choix de vie, elle défendait un monde, un langage, une vision de La Réunion que tant ont tenté de gommer : celui d'une culture vivante, populaire, enracinée, insoumise.
Dans l'ombre de Firmin, disaient certains. Mais qui écoute les kabars sait bien que Céline était la sève. Elle tenait la case, nourrissait le collectif, tissait les liens de transmission. Elle était cette mémoire incarnée qui, sans jamais hausser le ton, donnait aux jeunes la force de relever la tête. Il n'y avait pas chez elle de folklore pour touristes, seulement la dignité nue d'un peuple qui refuse de se taire.
Elle appartenait à cette génération de femmes réunionnaises que l'histoire officielle a souvent invisibilisées : des femmes de combat, de silence et de feu, qui ont tenu debout les cases, les familles, les savoirs, les rituels. Ces femmes qui n'ont jamais attendu l'autorisation d'exister pour prendre toute leur place.
Aujourd'hui, les institutions salueront sa mémoire, sans doute. Elle appartient à celles et ceux qui, dans les quartiers, les hauteurs, les champs de canne et lakour, continuent de faire vivre la Réunion qui ne se renie pas, ne s'aligne pas.
Ceux qui l'ont connue, aimée, accompagnée, savent qu'elle était une mère, une sœur, une militante, une musicienne, une passeuse de feu. Elle laisse derrière elle une Réunion qui lui ressemble : fière, blessée, résistante, belle, debout.
Repose en paix, Céline Viry. Et que les tambours te portent jusqu'aux étoiles. Là où le maloya ne meurt jamais.
Toutes nos condoléances à notre potomitan Firmin VIRY ainsi qu'à tous les membres de la Rolev Viry
Cyrille Melchior - président du Département :
La Réunion perd une Femme Courage, dont le souvenir restera lié à la richesse de notre culture
C'est avec une immense tristesse et une profonde émotion que j'ai appris le décès de Madame Céline Viry, épouse de Firmin Viry, figure essentielle du maloya et de la mémoire vivante réunionnaise.
Chanteuse et militante profondément attachée à la terre, Madame Viry a partagé la vie d'un homme engagé pour la culture, et elle a su, tout au long de son parcours, jouer un rôle fondamental au sein de sa famille, dans la transmission des valeurs, des repères et de la force qui lient les générations. Son engagement au sein de son foyer et sa place dans l'histoire de notre île sont indissociables de l'élan collectif qui a porté le maloya au rang de patrimoine mondial.
Elle a été le cœur d'une famille profondément enracinée dans le maloya, dont elle a porté les fondements avec dignité et détermination. Aux côtés de son époux, elle a contribué à faire rayonner une culture longtemps marginalisée, aujourd'hui pleinement reconnue comme l'âme de notre île.
En ce moment de deuil, je tiens à adresser à Firmin Viry, à ses enfants, petits-enfants, ainsi qu'à l'ensemble de sa famille, mes condoléances les plus sincères. Mes pensées les accompagnent avec émotion et respect.
La Réunion perd une Femme Courage, dont le souvenir restera lié à la richesse de notre culture et à l'amour profond de la famille.
Emeline K/Bidi - député de la 4ᵉ circonscription :
« Céline VIRY a été aux côtés de son mari Firmin VIRY dans chaque combat… quand il fallait se battre pour faire vivre notre Maloya !
Elle a été une grande voix de ce Maloya et un zarboutan qui a permis l’écriture d’une grande page de notre histoire culturelle et politique… à Saint-Pierre et dans toute La Réunion.Face au départ de Céline VIRY, je veux honorer la mémoire de cette grande Réunionnaise et dire tout mon respect.
Zordi, nou tout’ i pleure !
Courage à Firmin VIRY, à leur famille et à leurs proches… »
Ericka Bareigts - Maire de Saint-Denis :
Aujourd’hui, La Réunion perd une mémoire. Un fanm dobout, forte et discrète. Une gardienne des racines. Céline VIRY s’en est allée.
Elle était l’épouse de Firmin. Mais elle était d’abord Céline Lagarrigue, fille d’Henri, née dans le berceau du maloya. Elle était l’héritière d’une culture transmise par le geste, par la terre et par le cœur.
Dans sa cour de la Ligne Paradis, elle n’a jamais chanté pour qu’on l’écoute mais elle a vécu pour que le chant continue. Elle a élevé ses enfants, nourri les kabars, veillé à ce que le feu reste allumé, même quand le maloya était interdit et quand notre identité était muselée.
« Ti pa ti pa, narivé ». Ce refrain de Firmin résonne aujourd’hui avec une autre force. Parce que Céline faisait partie de celles qui ont marché lentement et patiemment pour que nous arrivions là où nous sommes. Et quand la reconnaissance est enfin venue — avec la fin de l’interdiction de faire vivre le maloya, sous la présidence de François Mitterrand — elle était là ; présente, fidèle et indispensable.
Elle incarnait la puissance tranquille des femmes réunionnaises. Celles qu’on ne filme pas. Elle n’a jamais cherché la lumière, mais elle faisait rayonner La Réunion.
Aujourd’hui, je veux lui dire merci. Merci pour ce qu’elle a transmis, pour ce qu’elle a porté et pour ce qu’elle laisse.
Au nom de la Ville de Saint-Denis, du Conseil municipal, et en mon nom personnel, avec respect et émotion, j’adresse mes condoléances les plus sincères à sa famille, à ses proches, à tous ceux qui continueront à faire vivre son héritage.
Céline VIRY ne disparaît pas. Elle entre dans le patrimoine de notre île.
Jean-Hugues Ratenon
Aujourd’hui, la Réunion pleure la disparition de Céline Viry.
Gardienne de la culture réunionnaise, elle a joué un rôle essentiel dans la préservation et la transmission de notre patrimoine culturel.Femme courage auprès de son mari Firmin dans ces années noires où le Maloya était interdit.
Elle a œuvré souvent dans l’ombre, loin des projecteurs, mais son impact sur la culture réunionnaise est profond.
Respect profond pour les combats.
En ce moment de deuil, je tiens à adresser mes plus sincères condoléances à Firmin Viry, à sa grande famille, ainsi qu'à tous ses proches.
Mes pensées les plus profondes accompagnent tous ceux qui ont eu le privilège de croiser son chemin et de bénéficier de sa générosité.
PCR
Depuis son décès une foule immense est venue rendre hommage à ce zarboutan nout kiltir
De nombreux artistes dont Danyel WARO, Zean Marie BARRET, Thierry GAULIRIS …. étaient présents.
Céline était aussi une militante politique ( UFR, PCR ) . Pour le Parti, outre de nombreuses et nombreux militants-es étaient venus-es , on notait la présence de Elie HOARAU, Maurice GIRONCEL et Jean Michel FOLIO qui ont présenté à la famille de Céline les condoléances du Parti.


