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Pourquoi fête-t-on le 14 juillet ?

Ecrit par N.P. – le lundi 14 juillet 2025 à 07H36

Déclarée fête nationale en 1880, la date du 14 juillet commémore à la fois la prise de la Bastille en 1789 et la Fête de la Fédération de 1790. Ce double anniversaire célèbre l’avènement de la République française et reste aujourd’hui ponctué par des symboles forts, dont le traditionnel défilé militaire.

Le 14 juillet 1789, une foule de Parisiens s’empare de la Bastille, symbole du pouvoir royal. Cette journée historique, marquée par la tension grandissante entre la monarchie et le peuple, scelle le début de la Révolution française. Quelques jours plus tôt, la France est traversée par des secousses politiques majeures : la convocation des États généraux, la transformation du Tiers-État en Assemblée nationale, puis l’agitation populaire déclenchée par le renvoi du ministre Necker. Dans les rues de Paris, le peuple s’arme aux Invalides, puis marche sur la Bastille, où le gouverneur finit par céder sous la pression. Cette insurrection signe la fin d’un régime et l’entrée dans une nouvelle ère.

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Fête de la Fédération

Un an plus tard, le 14 juillet 1790, la France célèbre l’unité retrouvée lors de la Fête de la Fédération. Des représentants des fédérations locales de gardes nationaux, venus de toute la France, défilent au Champ-de-Mars à Paris en présence du roi, de la reine et du clergé. Une messe est célébrée par l’évêque Talleyrand, et les serments à la Nation, au Roi et à la Loi sont solennellement prononcés. Cette journée se veut une manifestation d’unité nationale, dans une République encore balbutiante.

Fête nationale seulement en 1880

Ce n’est qu’en 1880 que le 14 juillet devient officiellement jour de fête nationale, sous l’impulsion du député républicain Benjamin Raspail. Adoptée sous la IIIe République, la loi du 6 juillet ne précise pas si l’on commémore la Bastille ou la Fédération : les deux événements, complémentaires, sont réunis sous un même symbole. Ce choix est hautement politique, porté par une majorité républicaine nouvellement installée au pouvoir après la démission de Mac-Mahon. Le 14 juillet incarne alors l’enracinement de la République dans les institutions et dans le cœur du peuple.

Sur les Champs-Élysées pour rendre hommage aux "gueules cassées" et aux troupes alliées de la Grande Guerre

Dès l’origine, les célébrations donnent une place centrale à l’armée. En 1880, un grand défilé militaire est organisé à l’hippodrome de Longchamp. À partir de 1919, le défilé prend ses quartiers sur les Champs-Élysées, notamment pour rendre hommage aux "gueules cassées" et aux troupes alliées de la Grande Guerre. Depuis, il constitue un temps fort du 14 juillet, même s’il a pu être déplacé pour des raisons logistiques ou symboliques, comme ce fut le cas en 2024 sur l’avenue Foch, en raison des Jeux olympiques.


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À côté du défilé, d’autres traditions symbolisent la République : le drapeau tricolore, l’hymne national, la devise "Liberté, Égalité, Fraternité" ou encore la figure de Marianne. Depuis 1978, les présidents de la République profitent parfois du 14 juillet pour s’adresser aux Français lors d’interviews télévisées, tradition inaugurée par Valéry Giscard d’Estaing. Emmanuel Macron, lui, a alterné prises de parole et silences, en fonction des contextes politiques ou sanitaires.

Plus de deux siècles après la prise de la Bastille, le 14 juillet continue donc d’incarner un moment de communion républicaine, entre mémoire, fierté nationale et projection dans l’avenir.

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