La Réunion affiche une empreinte carbone par personne comparable à celle de la France, malgré une électricité plus polluante

L’Insee révèle que l’empreinte carbone moyenne d’un Réunionnais atteignait 10,2 tonnes par personne en 2019, soit un niveau équivalent à celui de l'ensemble de la France, alors même que la production électrique locale reposait largement sur le charbon et le fioul lourd.
À La Réunion, l’empreinte carbone par habitant en 2019 se situe au même niveau que celle observée pour l'ensemble de la France, malgré des particularités marquées du territoire. Selon l’Insee, chaque Réunionnais a généré en moyenne 10,2 tonnes équivalent CO2 cette année-là. Un chiffre qui intègre non seulement les émissions locales — estimées à 5,2 tonnes par personne — mais aussi celles liées à la production et au transport des biens importés, pour un volume équivalent. « L’empreinte carbone est deux fois plus élevée que les émissions générées sur place », précise l’institut.
Transition amorcée dès 2024
La spécificité réunionnaise tient en partie à son mix énergétique. En 2019, la production d’électricité était encore majoritairement issue de centrales au charbon et au fioul lourd, fortement émettrices de gaz à effet de serre. À titre de comparaison, en France hexagonale, l’électricité est produite en grande partie à partir du nucléaire, bien moins carboné. Résultat, la branche de production et distribution d’électricité pèse deux fois plus lourd dans l’empreinte carbone réunionnaise qu’au niveau national.
Malgré cette contrainte, l’empreinte globale reste équivalente à celle de la France, en raison d’une structure de consommation et d’un niveau de vie plus modestes qui limitent l’impact de certaines émissions importées. Par ailleurs, le territoire exporte peu de biens et services, ce qui réduit l’effet modérateur sur son empreinte carbone, contrairement à la France métropolitaine dont une part importante des importations est ensuite réexportée.
Depuis 2024, La Réunion a toutefois "finalisé sa transition vers une électricité quasi intégralement d’origine renouvelable", indique l'Insee, notamment en substituant le charbon par des pellets de bois ou en recourant à la bagasse, un sous-produit de la canne à sucre. Selon l’Insee, si cette mutation avait eu lieu dès 2019, les émissions locales auraient été divisées par deux, ramenant l’empreinte carbone à 7,7 tonnes par personne. Une trajectoire qui confirme l’enjeu majeur de la décarbonation de la production d’électricité pour diminuer l’impact environnemental du territoire.
Lire aussi : Autonomie énergétique de La Réunion : Ce ne sera pas avant 2050


