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À Saint-André, l’Union des forces progressistes affiche son unité derrière Joé Bédier

Ecrit par S.I. – le dimanche 29 juin 2025 à 15H01

Ce dimanche 29 juin, l’Espace EOS de Saint-André a accueilli le deuxième grand rassemblement de l’Union des forces progressistes (UFP). Six mois après une première démonstration d’unité au Barachois, cette nouvelle séquence politique avait pour objectif de réaffirmer la cohésion du camp progressiste autour de Joé Bédier, maire de Saint-André, mais aussi de répondre frontalement au lancement de la plateforme Nouvel’R, portée par la droite locale.

Le décor était soigneusement planté. Dans une salle comble, les représentants des principales forces de l'Union des forces progressistes – PLR, Progrès, Rézistan’s Égalité 974, APR, LFI, MCR, UDSA – étaient présents en nombre. Huguette Bello, Patrick Lebreton, Jean-Hugues Ratenon, Claude Hoarau et bien d’autres ont tour à tour pris la parole pour saluer l’action du maire de Saint-André, l’ériger en figure locale du progrès, et dénoncer les manœuvres de la droite réunionnaise.

Un second acte pour la gauche Bello

C’est Claude Hoarau qui a ouvert les prises de parole. L’ancien maire de Saint-Louis, président de l’APR, a rappelé ses liens historiques avec Joé Bédier, insistant sur son parcours et sa fidélité politique. "Joé a fait ses premiers pas à mes côtés. Il a choisi notre camp. Il a gagné, il gagne, et il gagnera", a-t-il déclaré, appelant les communistes de Saint-André à se ranger derrière le maire sortant. Le message était limpide : il ne saurait y avoir qu’une seule candidature légitime à gauche en 2026.

Patrick Lebreton, maire de Saint-Joseph et président du Progrès, a enchaîné en saluant la rupture politique amorcée à Saint-André en 2020. "Joé a opposé la proximité au paternalisme, la sincérité aux mensonges", a-t-il souligné, estimant que "ce que la droite a détruit ici depuis 1972, Joé et son équipe le reconstruisent". Au-delà du soutien personnel, c’est une vision commune du développement des territoires que les orateurs ont défendue, à travers une gauche "rassemblée et tournée vers l’action".

"Les cavaliers de l’Apocalypse" : Bello tacle Nouvel’R

Ce meeting s’est aussi transformé en tribune contre la plateforme Nouvel’R, lancée début juin sous l’impulsion de Cyrille Melchior et de plusieurs élus de droite.

Lire aussi : Cyrille Melchior lance "Nouvel’R" : la droite départementaliste se structure à La Réunion

Pour l'Union des forces progressistes, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une tentative de "relooking politique". Patrick Lebreton a ironisé sur "ce vent" que prétend incarner Nouvel’R. "Ils s'unissent contre 'le plus grand des dangers' : pas contre une bombe que Trump ou Netanyahu pourrait envoyer sur nous. Non ce danger qu'ils brandissent, c'est l'autonomie. Voilà la vieille rengaine que brandit la droite depuis plus de 40 ans", dénonce Patrick Lebreton. Il ajoute : "Mais qui a demandé l'autonomie ? Qui a demandé ça ? Quels parlementaires ou progressistes avec nous ont demandé l'autonomie? Pas un seul ! Voilà la raisons d'être de Nouvel'R : être un rempart face à un danger qui n'existe pas. Voilà ce que la droite réunionnaise fait, mais jusqu'à quand va-t-on mentir aux Réunionnais ? Français et Européens nous le resterons, mais il faut appliquer des solutions réunionnais aux problèmes réunionnais. Nouvel'R c'est pas de l'air, c'est du vent".

Huguette Bello a, elle, dénoncé une droite "révisionniste" qui prétend aujourd’hui s’inscrire dans l’héritage de la départementalisation, "alors qu'elle était contre à l'époque". "Nouvel’R, ce sont les cavaliers de l’Apocalypse. Ils agitent le chiffon rouge de l’Appel de Fort-de-France qui serait selon eux un signal vers l'autonomie, alors qu’eux-mêmes parlent d’autonomie énergétique ou alimentaire. Les Réunionnais ne veulent pas de ces annonciateurs de fin du monde", a déclaré la leader du PLR. "Le débat n'est plus sur l'autonomie. Comment ne pas voir que Nouvel'R appartient au final au Vieux Monde ?", a poursuivi Huguette Bello.

"Consolider Saint-André pour faire gagner l’Est"

Présent aux côtés de Joé Bédier, le député Jean-Hugues Ratenon a salué le travail accompli par le maire de Saint-André depuis 2020, soulignant la "transformation visible" de la commune. "Quand on traverse Saint-André, on voit la force tranquille qui avance. Personne ne peut nier que la commune est sur la voie du développement", a-t-il déclaré. Pour l’élu de la 5e circonscription, l’action de l’équipe municipale a permis de briser une forme de déclin dont souffrait la commune et plus largement l’Est. "Il faut consolider Saint-André pour faire gagner l’Est", a-t-il martelé, appelant à poursuivre le partenariat engagé entre la commune et la Région, dirigée par Huguette Bello.

Jean-Hugues Ratenon a également insisté sur l’ambition collective de l’Union des forces progressistes (UFP), qu’il considère comme une réponse sérieuse aux défis du territoire : "Si on a créé cette Union autour d’Huguette Bello, c’est parce qu’on veut contribuer à l’ordre. L’UFP a pour vocation de rassembler le maximum de forces progressistes, mais au-delà des organisations, il faut rassembler celles et ceux qui veulent travailler sur un vrai projet".

Lorsque Joé Bédier a pris la parole, c’est un maire confiant et offensif qui s’est présenté. D’abord en remerciant ses soutiens pour leur fidélité, ensuite en rappelant les grandes lignes de son action depuis 2020. Il a dressé le tableau d’une commune en reconstruction, évoquant la réhabilitation d’équipements sportifs, le redéploiement du centre-ville, les projets structurants en cours comme le complexe Colosse Arena, le futur pôle éducatif, ou encore l’hôtel de La G’art. "Nous avons rompu avec l’image de ville dortoir. Nous sommes une collectivité de projets, plus de 150 millions d'euros ont été engagés depuis le début de la mandature. Notre feuille de route a été respectée", a-t-il affirmé.

Les Virapoullé et Fruteau dans le viseur de Bédier

Joé Bédier n’a pas manqué d’adresser quelques piques à ses adversaires pour les municipales de 2026. Sans jamais citer nommément ses concurrents, il a évoqué les ambitions de "certains" pour reprendre la mairie de Saint-André. "J’apprends que le fils de mon prédécesseur se positionne déjà, mais aussi un autre", a-t-il lancé, visant à la fois Jean-Marie et Laurent Virapoullé. Il a également glissé une critique à l’encontre d’Éric Fruteau, ancien maire de la commune : "L’autre, ce n’est pas mieux ", a-t-il lâché, sans s’étendre davantage.

Dans cette attaque à peine voilée, Joé Bédier entend dénoncer ce qu’il qualifie de manœuvres politiques sans projet, portées selon lui par des figures du passé : "Ils n’ont aucun projet pour Saint-André : la commune n’appartiendra ni à une dynastie ni à une famille", a-t-il martelé.

En évoquant les tensions, les jeux d'alliances au sein de la Cirest et les déficits de la SPL Estival, Joé Bédier a aussi ouvert un autre front : celui de la gouvernance intercommunale. "Sur la question de l’eau, rien n’a été fait. Il faudra aussi changer de maire à Saint-Benoît", a-t-il lancé à l’adresse du président de l’interco, Patrice Selly, en présence du plus grand rival de ce dernier, le député Jean-Hugues Ratenon.

En conclusion, le maire a confirmé son ambition pour 2026, tout en traçant une perspective plus large, à l’horizon 2030. "Quand certains parlent, nous, on travaille. Vous pouvez compter sur moi, et moi, je compte sur vous", a-t-il déclaré, visiblement porté par l’enthousiasme de ses soutiens.

Au-delà d’un meeting local, cette séquence politique témoigne de la volonté des forces progressistes de maintenir un front uni face à une droite qu’elles jugent en pleine opération de diversion. "Nous sommes la gauche qui n’a jamais renoncé aux grands défis", a résumé Huguette Bello. À quelques mois des élections municipales, le ton est donné.

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