Chikungunya : les autorités redoutent une propagation de l'épidémie de La Réunion vers l'Hexagone

L’épidémie de chikungunya continue de circuler à La Réunion et les cas venus de l'île sont en hausse dans l'Hexagone. Depuis le début de l’année 2025, plus de 900 contaminations ont été enregistrées sur le territoire continental.
Le ministère de la Santé a alerté, dans un communiqué daté du 15 mai, sur un « risque particulièrement accru d’importation et de circulation du virus du chikungunya en métropole », lié aux épidémies en cours dans l’océan Indien. Cette situation fait craindre une éventuelle « circulation autochtone » du virus dans les prochaines semaines.
Hausse des cas de chikungunya venus de La Réunion
En Île-de-France, 19 cas importés depuis La Réunion ont été détectés entre le 1er et le 13 mai, un chiffre qui dépasse déjà le total annuel de 2024. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 18 cas ont été signalés depuis le début du mois, dont 10 en provenance de La Réunion et 3 de l’île Maurice. En 2024, aucun cas n’avait été recensé à cette période.
La Réunion reste l’épicentre de l’épidémie, avec 49.400 cas confirmés et environ 183.000 consultations pour des symptômes évocateurs depuis janvier. Douze décès sont officiellement liés à la maladie, tandis que 35 autres, dont celui d’un nourrisson, sont en cours d’investigation.
Des conditions qui deviennent favorables à la transmission du virus
Le chikungunya pourrait se propager localement si les conditions sont réunies : présence de moustiques vecteurs et arrivée de personnes infectées. Le moustique-tigre est aujourd'hui présent dans 81 départements de l'Hexagone.
Les autorités sanitaires appellent les voyageurs revenant des zones touchées à se protéger des piqûres pendant les quinze jours suivant leur retour et à consulter un médecin en cas de symptômes. Elles insistent également sur la nécessité de supprimer les eaux stagnantes autour des habitations, afin de limiter la prolifération des moustiques.
Selon un rapport de l’Anses, la probabilité d’une épidémie d’arbovirose (chikungunya, dengue, zika) dans les cinq prochaines années en France hexagonale est évaluée entre 6 et 7 sur une échelle de 0 à 9.
La saison estivale, avec des températures favorables à l’éclosion des larves et à la circulation virale, représente une période particulièrement sensible pour une possible transmission autochtone du chikungunya en Hexagone.


