Gel des contrats PEC : cinq maires interpellent la ministre Catherine Vautrin

Privée de nouveaux contrats PEC depuis fin février, La Réunion pourrait être confrontée à une crise sociale majeure, avertissent cinq maires de l’île. Dans un courrier adressé à la ministre du Travail, ils demandent une levée d’urgence du gel budgétaire pour éviter des tensions économiques et sociales.
Cinq maires de La Réunion ont adressé une lettre ouverte à Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, pour exprimer leur "extrême préoccupation" face au gel des contrats Parcours Emploi Compétences (PEC) sur l’île depuis le 26 février 2025. Ce blocage, dû à l’absence de notification des enveloppes budgétaires, menace selon eux la cohésion sociale dans un territoire déjà fragilisé par des crises multiples.
Dans leur courrier, Ericka Bareigts (Saint-Denis), Maurice Gironcel (Sainte-Suzanne), Olivier Hoarau (Le Port), Patrice Selly (Saint-Benoît) et Jacques Técher (Cilaos) soulignent les défis structurels auxquels La Réunion est confrontée : un taux de chômage trois fois supérieur à la moyenne nationale, une pauvreté touchant 36 % de la population, un échec scolaire persistant et des difficultés d’insertion professionnelle aggravées par le coût élevé de la vie. "Dans ce contexte fragile, auquel se superpose le problème récurrent de la vie chère, les politiques de contrats aidés revêtent une importance capitale pour la cohésion sociale de notre île", écrivent-ils.
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La situation est jugée d’autant plus alarmante que l’île doit faire face aux conséquences du cyclone Garance, l’un des plus dévastateurs des dernières décennies, ainsi qu’à une épidémie de chikungunya aux portes d’une crise sanitaire majeure. "Ces deux crises nécessitent à elles seules des moyens humains considérables", assurent les cinq maires de la Plateforme. Ils craignent que le gel des contrats PEC, s’il perdure, risque de plonger de nombreuses familles réunionnaises dans une précarité accrue, privant les communes de ressources humaines essentielles pour des missions de service public.
Une demande de dialogue urgent
Les maires redoutent une "crise sociale d’une exceptionnelle gravité", susceptible d’entraîner des troubles à l’ordre public. Ils rappellent que La Réunion, premier bénéficiaire national des PEC avec près de 20 % de l’enveloppe financière depuis plusieurs années, dépend de ces contrats pour répondre à ses besoins spécifiques. Une stabilité budgétaire avait été trouvée depuis 2020, après des incertitudes en 2017, rendant ce gel d’autant plus incompréhensible pour les élus.
Face à l’urgence, les cinq édiles sollicitent un rendez-vous "dans les plus brefs délais" avec la ministre pour envisager une suspension de cette mesure à La Réunion. Ils espèrent ainsi éviter un scénario catastrophe dans un territoire déjà sous pression.


