Violence en détention : un médecin frappé après une intoxication au tabac chimique

En récidive de violences et de consommation de stupéfiants, Jean A. était jugé en appel ce jeudi pour l'agression d'un médecin en détention. Face à une cour peu encline à l'indulgence, le parquet général a requis quatre ans de prison ferme.
Jean A., 29 ans, sait qu'il ne doit pas consommer des stupéfiants. Il souffre de troubles d'usage depuis qu'il a 11 ans. Un trouble détecté par un psychiatre et qui consiste à prendre des substances malgré l'effet négatif qu'elles provoquent. C'est ce qu'il s'est produit en décembre 2024 au sein du centre pénitentiaire de Domenjod. Le quasi-trentenaire explique en garde à vue qu'il lui a été proposé une cigarette lors de la promenade. Ne sachant pas qu'il s'agissait de tabac chimique, il aurait commencé à fumer. Mais soudain, le détenu perd momentanément l'usage de ses jambes. Il est conduit à l'infirmerie.
En guise de remerciements, le médecin est frappé au visage
Les surveillants sont dans l'obligation de le transporter en fauteuil roulant jusqu'au centre de soins. Mais alors qu'il veut prendre de l'eau au lavabo, Jean A. chute au sol, se tape la tête contre le bac et s'énerve. Le médecin s'approche de lui pour l'aider à se relever. Il prend deux violents coups de poing au visage en guise de remerciements.
Ce jeudi, le mis en cause comparaissait devant la cour d'appel, le parquet ayant fait appel de la peine infligée en première instance, 1 an de prison ferme, estimant celle-ci trop légère. Interrogé par le président, Jean A. rétorque qu'il n'a rien à dire. Il consent tout de même à expliquer qu'il est en détention provisoire pour des faits de violences conjugales, actes de barbarie et viol.
"Il se zombifie"
Si son avenir judiciaire semble chargé, le passé l'est aussi puisque l'intéressé a été condamné plusieurs fois pour des violences, du trafic de stupéfiants et autres violences conjugales. Il se trouve dans l'affaire qui occupe les magistrats de la rue Juliette Dodu ce jeudi être en récidive de violence suite à une condamnation de mars 2022 et en récidive pour la consommation de drogue en date de novembre 2021.
Jean A. souffre également de troubles schizophréniques, raison pour laquelle il est reconnu comme porteur de handicap. "Il se zombifie", commente la représentante de la société qui visiblement ne trouve aucune circonstance atténuante au prévenu. Le parquet général appuie son raisonnement en citant les nombreuses fois où Jean A. a été conduit à l'hôpital à cause de ses consommations de tabac chimique. Vu sa pathologie et sa personnalité "impulsive", l'expert l'ayant examiné a d'ailleurs conclu à une dangerosité.
La défense, quant à elle, appelle la cour a relativiser les faits, "le médecin n'a que des blessures superficielles à déplorer", plaide Me Nicolas Normand. 4 ans de prison ferme sont requis du côté du parquet général.
La cour rendra sa décision le 6 mars prochain.


