Lopins de terre contre projet de carrière : le combat des riverains du chemin Patelin

Depuis 2019, des riverains du chemin Patelin à Saint-André se mobilisent contre le projet de carrière alluvionnaire de la société Préfabloc Agrégats, d'une emprise totale de 23 hectares. Pour financer son recours en annulation au tribunal contre l'autorisation d'exploitation accordée par la préfecture, l'association GUEP relance sa cagnotte Letchi.
« C'est un combat de longue haleine. Et il faut avoir des fonds car en face, c'est Préfabloc et la préfecture. Le camp adverse a de gros moyens », concède Luco Amable, un de des meneurs du Groupement d'union et d'entente pour le Patelin (GUEP).
Depuis 2019, ce collectif, qui s'est mué en association pour pouvoir agir en justice, personnifie le combat des riverains du chemin Patelin contre un projet de carrière d'extraction de matériaux alluvionnaires. Une carrière dont les habitants sont convaincus qu'elle va bouleverser la quiétude de leur quartier, une zone agricole de la ville de Saint-André.
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« Il va y avoir 400 passages de camions par jour. Dans le projet, il devait y avoir un échangeur à la Cressonnière qui devait éliminer les embouteillages, mais à Saint-André tout le monde voit qu'il y a déjà des embouteillages depuis le chemin des Prêtres », souligne le trésorier de GUEP.
Depuis l'enquête publique de 2019, le projet de la société Préfabloc Agrégats a subi quelques amendements, qui n'ont pas suffi à convaincre ces riverains du chemin Patelin.
« La carrière va utiliser 156 m3 d'eau par heure, où vont-ils les trouver ? »
L'emprise totale de la carrière a ainsi été ramenée de 25 à 23 hectares, la surface d'extraction s'étalant sur 16 ha pour une capacité de production de 547.000 tonnes au maximum par an. Le bail d'exploitation s'étire sur une durée de 25 ans, remise en état du site incluse.
Selon l'arrêté d'autorisation accordé par la préfecture en août 2022, le site comprendra aussi une « station de concassage de 1.390 Kw et une zone de transit d'une surface de 30.500 m² destinée au stockage temporaire des matériaux inertes ». Ni la proximité d'une ZNIEFF de type 1, ni celle de l'espace remarquable du littoral de la rivière du Mât, ni même la proche présence des habitants du quartier n'ont dissuadé les services de l’État de valider le projet.

« On parle beaucoup de sécheresse à Saint-André, mais il faut savoir que la carrière va utiliser 156 m3 d'eau par heure, où vont-ils les trouver ? Sans parler du danger de pollution des nappes phréatiques », alerte Luco Amable.
Selon l'association GUEP, défendue par l'avocate spécialisée dans le droit de l'environnement industriel Me Marie-Pierre Maître, la phase d'instruction du recours en annulation sera close le 28 février. Sans présumer du sens de la décision que rendra le tribunal administratif de Saint-Denis, l'association GUEP anticipe une procédure à la Cour d'appel de Bordeaux et espère lever des fonds en relançant sa cagnotte en ligne Letchi.
« Par la suite, notre démarche sera d'avoir des fonds pérennes avec des associations environnementales ou des entreprises, qui nous soutiendraient », avance le trésorier de l'association, qui compte sur la solidarité des habitants de Saint-André.



