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SR21 : La tentation de la classe confort n'a pas de prix, sauf pour les contribuables

Difficile de ne pas voir large lorsque l'argent dépensé n'est pas le sien. C'est le cruel dilemme que n'ont pas respecté les différents cadres de la SR21, toutes époques confondues. Le rapport de la Chambre régionale des comptes qui couvre les exercices 2002 à 2008 fait état de billets d'avion dont la nature reste toujours à justifier.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 17 juin 2011 à 08H02

 

"Une maîtrise des dépenses de déplacement est souhaitable pour la SR21". Voici les propos tenus dans une note de service du président directeur général de la SR21 datée du 7 septembre 2006 dont l'objet s'intitule sobrement "Billet d'avion". Une promesse qui volera en éclat dans la réalité.

La note de service poursuit en ces termes : "(...) tous les déplacements des agents doivent être réalisés en classe économique". L'engagement des dirigeants de la structure n'aura pas fait long feu.

Pas de contreseing du CA

La Chambre régionale des comptes y va de son constat. "Malgré l'affichage d'un objectif de maîtrise des dépenses de déplacements, il a été constaté que tous les voyages aériens du PDG ont été effectués en classe confort de la compagnie Air Austral". Compagnie qui deviendra d'ailleurs, un peu à la même période, la compagnie privilégiée de la SR21 pour des raisons obscures (voir notre précédent article : [Pierre Verges grand consommateur de voyages en violation du code des marchés publics]urlblank:http://www.zinfos974.com/Pierre-Verges-grand-consommateur-de-voyages-en-violation-du-code-des-marches-publics_a29180.html ).

La CRC continue ses griefs à l'encontre de la SEML. L'objet des déplacements "n'est pas toujours clairement établi". En guise de preuve, la mention "diverses rencontres" finit par mettre le doute. Pire, aucun contreseing d'un autre membre du conseil d'administration n'est apposé sur les programmes de mission signés du PDG lui-même.

Les autres motifs de déplacements aériens laissent perplexes: "Contacts avec divers interlocuteurs pour colloque partenariat public privé (PPP) - Revue parlementaire". "Aucune activité de la SR21 ne justifie la prise en charge d'un tel voyage", s'inquiète Christian Roux, président de la CRC Réunion-Mayotte, dans son rapport d'observations définitives.

Du 22 juillet au 12 août, le programme de mission toujours exclusivement signé par le PDG lui-même a pour motif : "Jeudi 24 juillet : missions diverses et vendredi 25 juillet : rendez-vous avec maître X..." (le nom de cet avocat n'est pas communiqué dans le rapport de la CRC, ndlr).

Personne pour corriger le tir

Les imprécisions des directeurs généraux successifs ont gagné les rangs de la structure. Pas même les adjoints ne rattraperont les engagements pris pour une rationalisation des frais d'avion.

La Chambre : "les directeurs généraux adjoints ont bénéficié de voyages en classe confort de la compagnie Air Austral, et, pour deux d'entre eux, l'objet des voyages n'est pas non plus mentionné".

Enfin, le garde fou des collectivités territoriales et de leurs émanations s'attarde sur des largesses dans la prise en charge de billets d'avion en classe "club austral" pour des personnes extérieures à la société d'économie mixte.

En décembre 2007, le directeur de l'IRIS et son épouse, pour un montant de 8.059 euros, un directeur de recherche de l'IRIS (4.029 euros), une journaliste d'un magazine de presse écrite (même montant), ainsi qu'une autre personnalité (4.965 euros) ont tous voyagé aux frais de la SR21 et donc en bonne partie sur des fonds publics de la Région, le principal pourvoyeur de la SR21."Telles étaient les exigences formulées par les invités de la SR21 à ce séminaire", argumente Pierre Vergès.

Pierre Vergès charge son directeur adjoint

Dans sa réponse développée à l'attention de Christian Roux, Pierre Vergès met en cause son ex-directeur adjoint. "Sur cette question (des billets d'avion attribués à des tiers, ndlr), l’habilitation donnée à Monsieur (...) pour l’organisation du séminaire du CERIS a été la plus large possible. Constatant la prise en charge du billet d’avion de l’épouse de Monsieur Boniface j’ai demandé à Monsieur (...) de constater son erreur et d’en assumer les responsabilités. Le refus persistant de mon directeur adjoint à rembourser les frais occasionnés par cette dépense indue a été un des éléments motivant la rupture du contrat le liant à la SR21. Le constat de carence de responsabilité de Monsieur (...) a conduit mon autre Directeur Général Adjoint, qui a suivi l’organisation du séminaire, à régulariser cette situation. Je dois reconnaître que cette régularisation est intervenue après la rupture avec Monsieur (...) (le directeur adjoint, ndlr) dans une période qui ne fait pas l’objet de votre contrôle".

 

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