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Violences conjugales : après 9 ans de violences, elle trouve le courage de déposer plainte

Un homme comparaissait ce mercredi 6 novembre devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de violences conjugales habituelles. À bout, sa compagne finit par déposer plainte, dénonçant des faits s'étalant sur neuf années.
Ecrit par Régis Labrousse – le dimanche 10 novembre 2024 à 09H26

Des faits d'une violence certaine et inacceptable, ont été dénoncés par une femme à bout de force. En effet, elle trouve la force, avec l'appui de sa famille, de déposer plainte à l'encontre de son compagnon et père de ses enfants, après neuf années de calvaire. Le tribunal ne retient qu'une période de six ans en raison de la prescription de certains faits. C'est le 4 novembre dernier que la goutte d'eau a fait déborder le vase. En effet, alors qu'ils rentrent de soirée en voiture, Alain R. reproche à sa compagne d'avoir discuté avec un collègue. Il s'énerve et, devant leur fille de 10 ans, il se met à mettre des coups de poing sur la cuisse de sa compagne. Arrivés à la maison, il s'emporte de plus belle en lui tirant les cheveux, la serrant par le cou et en lu mettant des coups de manche à balai. Pour se protéger, elle s'enfuit dans la chambre et s'enroule dans la couette pour amortir les coups.

Toujours pas calmé, il lui porte un coup de pied au ventre alors qu'elle s'approche de lui pour lui proposer un massage dans l'espoir qu'il se calme. Elle tombe au sol, se tordant de douleur. Le matin, il ne va pas au travail et s'en prend encore à elle en lui portant un coup avec le chargeur de son téléphone. Lasse et apeurée, elle va déposer plainte. Il est interpellé, placé en garde à vue et jugé ce mercredi dans le cadre de la comparution immédiate. "Tout ce qui arrive, ce n'est pas moi. Ça arrive toujours les fins d'années, je ne sais pas pourquoi", lance le prévenu à la barre. "Oui le plus souvent", confirme la victime au tribunal, qui explique : "Je n'ai jamais porté plainte, car je l'aime. J'espère qu'il va changer. Je ne veux pas qu'il aille en prison, mais je demande une mesure d'éloignement".

 

"C'est affligeant de porter des coups à une femme que l'on dit aimer"

 

Sur ce point, elle n'aura. pas à s'inquiéter puisque le parquet a mis à exécution une peine de sursis probatoire de 6 mois, eu égard à l'état de récidive pour des faits de même nature. "On n'étrangle pas la femme qu'on aime", fustige la partie civile qui demande un euro symbolique et insiste sur les faits qu'il minimise les faits et se victimise à al barre. "C'est affligeant de porter des coups à une femme que l'on dit aimer", tance le parquet. "il lui fait subir des violences, morales, psychologiques et physiques, on est face à quelqu'un qui ne sait pas se maitriser lorsqu'il est contrarié. Il minimise les faits à son avantage", conclut la magistrate qui requiert une peine de 15 mois de prison dont 5 de sursis probatoire ainsi qu'un mandat de dépôt.

"Ce sont des faits graves qui révèlent l'état de notre société qu'on ne veut pas voir" répond la défense. "il y a là, une certaine misère sociale et éducative qui traduit un comportement reproduit par mimétisme. Il faut se demander comment monsieur se comporte vis-à-vis de lui et on ne peut pas le savoir, car on n'a pas cherché. Madame n'a rien fait pour se sortir de là, on reporte tout sur lui", argumente la robe noire qui plaide pour que son client soit pris en charge pour des soins, estimant que "s'il va en prison, il aura les mêmes références en sortant". Reconnu coupable, le prévenu est condamné à 18 mois de prison dont 8 mois de sursis, il lui est fait interdiction de contact et de paraitre au domicile de la victime. Le tribunal lui décerne un mandat de dépôt.

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