Sur Deal Auto.re : Le mandataire automobile arnaque ses clients avec de faux bons de commande

Ils seront une quinzaine ce vendredi matin à espérer entendre les explications de Ludovic M. Tous ont été arnaqués par le quadragénaire entre décembre 2017 et juillet 2019. Tous ont été séduits par les annonces, passées sur les réseaux sociaux et sur la toile, qui proposaient des véhicules neufs en provenance d'Allemagne à des prix compétitifs. Mais problème, après avoir fait plusieurs paiements au prévenu, ils n'ont jamais vu la couleur de leur automobile.
Ainsi à titre d'exemple, Sébastien a réglé un chèque d'acompte de plus de 5.000 euros puis, effectué un virement de 38.000 euros sur le compte de la société WM située à Saint-Paul. Cependant, la Golf R. qu'il avait commandée à Ludovic M. n'est jamais arrivée. Ce dernier lui avait proposé de faire jouer son assurance et lui avait assuré avoir procédé au remboursement des sommes versées. Après un virement qui n'est jamais arrivé et un chèque en bois, Ludovic M. avait fini par régler sa dette, sans doute effrayé par la plainte déposée contre lui.
Les pensions alimentaires des enfants réglées avec l'argent des autres
Les autres arnaqués n'ont pas eu cette chance. Tous racontent avoir été destinataire d'un contrat de vente rédigé en allemand qui était un faux, Ludovic M. étant en capacité de le modifier à sa guise une fois signé. Pendant que ses clients se désespéraient d'avoir l'entièreté des sommes versées, le mis en cause de 45 ans menait grand train, voyages, restaurants, soirée en discothèque, et versait même les pensions alimentaires de ses enfants avec l'argent des autres. Et toujours les mêmes excuses pour retarder les livraisons : la crise de Gilets jaunes, les tempêtes, des problèmes de douane, de conformité du véhicule...
L'entreprise WM créée en 2017 était dirigée par un prête-nom, une ex-compagne de l'intéressé, lui-même interdit bancaire et gérant de fait. Aucune déclaration n'a jamais été faite aux administrations sociales et fiscales sur les rémunérations perçues, 14.500 euros par mois pendant 18 mois, alors que Ludovic M. aurait déclaré dans ses auditions au cours de l'enquête avoir vécu "comme un roi" à l'époque de l'arnaque. En tout, ce sont 480.000 euros qui ont été dépensés par l'escroc qui sera jugé ce matin devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis pour escroqueries.


