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Des micro-algues dans les moteurs: C'est pour demain et c'est local !

Faire avancer son véhicule grâce à du biocarburant produit à base de microalgues, voici le défi que tente de relever la société Bioalgostral depuis trois ans. Ce matin était présentée l'officialisation du lancement du projet à une échelle plus conséquente. Les 600 à 2.000 litres de production actuelle (sur un an) préfigure de la production de masse qui doit suivre à l'horizon 2013. Une nécessité environnementale mais aussi une contrainte imposée par les normes européennes.
Ecrit par Ludovic Grondin – le mardi 29 mars 2011 à 13H55

Faire avancer son véhicule grâce au bio-carburant produit à base de transformation de microalgues, voici l'idée ingénue de la société Bioalgostral. Depuis trois ans, la société expérimente à petite échelle les possibilités de production locale. Ce matin était officialisé en présence de tous les acteurs institutionnels (représentants de GERRI, de l’Etat, de la Région, de la CINOR) mais aussi des partenaires financiers (l’AFD, OSEO) ce projet de grande ampleur qui doit se poursuivre dans les mois à venir.

Agrandissement prévu

Dès le mois de juillet, du matériel pour produire en plus grande quantité est attendu sur site. A plus long terme, c'est la libération d'un domaine foncier de 5ha qui est espéré du côté de la zone aéroportuaire, comme l'a confirmé Ericka Bareigts, intervenant pour le compte de la Cinor.

"Nous sommes à un niveau pré-industriel", dit modestement Laurent Blériot, le président de Bioalgostral qui croit dur comme fer à son projet. "Nous avons à la Réunion une constance de température qui permet de produire toute l'année". Installée pour le moment sur le site d'Ercane à Domenjod, la technologie reste embryonnaire, mais plus pour longtemps. "En 2010, un test grandeur nature s'est produit en Allemagne avec le décollage d'un avion qui avait dans ses réservoirs du biocarburant issu de cette technologie".

 

Depuis 2008, date de création de la société Bioalgostral, bien du chemin a été parcouru par la petite équipe d'ingénierie et de conseil spécialisée dans la production et la valorisation des micro-algues en zone inter-tropicale.

Transformer les eaux usées d'une station d'épuration

Acteur innovant du secteur des bio énergies, de l'éco industrie, spécialiste de la chimie verte, de la valorisation des déchets et du traitement des effluents notamment industriels, la société compte également améliorer sa chaîne de production "vertueuse" en intégrant dans son process la récupération des eaux usées de la future station d'épuration du Grand Prado à Sainte-Marie.

"Pour l'heure c'est de l'engrais qui est utilisé dans notre process", précise Laurent Blériot. "Il se trouve que ce projet nous intéresse puisqu'il intégrera un aspect environnemental important. En tant que concessionnaire de la future station d'épuration, ce projet apportera au site une plus-value incontestable", affirme Ericka Bareigts, représentante de la Cinor.

Concrètement, il ne faut pas s'attendre à rouler à 100% à ce nouveau biocarburant dès demain. "L'Europe obligera, en 2017, d'intégrer dans les carburants de base que sont l'essence et le diesel 10% de ce biocarburant". Mais une étape a été franchie localement ce matin.

 

 

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