Agacée par ses plants de zamal, elle le jette dehors et appelle la police

Il est 6 h 15 le 7 juin dernier lorsque la police débarque au domicile d'un couple à Saint-Denis. C'est une mère de famille qui les a appelés, expliquant qu'elle a été victime de violences par son compagnon. À leur arrivée, le mis en cause est là, et présente un hématome à l'arcade en plus de son état d'ébriété avancé. Il sera testé à 1,74 g/l d'alcool dans le sang quatre heures après les faits. La victime n'est pas non plus en reste puisqu'elle affirme aux agents : "On a beaucoup bu toute la soirée". Lui évoque une bousculade et atteste : "On s'est un peu pris la tête". De fil en aiguille, il s'avère que le cœur du problème vient de la serre artisanale de monsieur que découvrent les policiers au domicile du couple. En effet, lassée par la présence de ces stupéfiants chez elle, la jeune femme arrache les plants. S'en suit une dispute lors de laquelle le mis en cause lève la main sur elle. Elle ne se laisse pas faire et le pousse avec force contre le mur, moment où il s'est ouvert l'arcade, puis finit par le mettre dehors.
Refusant de rester à l'extérieur, il se met ensuite à harceler sa compagne à l'interphone, allant même se faire passer pour un policier pour qu'elle ouvre. Elle devra couper le courant de l'appartement pour que ça s'arrête. Plus tard, le calme étant revenu, elle finit par le laisser remonter alors qu'elle a fait appel à la police à qui elle explique que "ce n'est pas la première fois qu'il me gifle devant mes enfants", ce que confirment les deux jeunes lors des investigations. Lui, s'il reconnaît lui avoir porté une claque, refuse de quitter l'appartement. Le parquet décide donc de le faire interpeller et de le placer en garde à vue. Il finit devant le tribunal pour violences habituelles sur un conjoint avec la circonstance aggravante de la présence des enfants. Lors de l'audience, le couple est unanime sur un point : "C'est dû à l'alcool". De son côté, il explique l'avoir giflée pour "la faire revenir à la raison, car elle ne prend pas son traitement contre des troubles psychiatriques".
Pour le parquet, "s'il est là, c'est parce qu'il n'a pas voulu sortir du domicile et qu'il dit qu'il va y retourner". La procureure poursuit sur les faits, attestant que "ce n'est pas la première fois qu'il s'en prend à madame qui est une personne vulnérable et qui a du mal à se protéger. Elle va devoir couper le courant, car il n'arrête pas de sonner. C'est une scène violente qui se déroule sous les yeux de son fils de 14 ans", conclut la magistrate qui requiert une peine de 1 an de prison avec sursis probatoire.
"Ce sont deux personnes qui boivent lors d'une soirée", répond la défense qui insiste sur l'absence d'expertise psychiatrique en rapport avec la pathologie de madame". La robe noire poursuit : "Il a eu un choc carcéral après une nuit en prison, il a conscience qu'ils doivent couper les ponts, d'autant que c'est souvent la victime qui revient vers lui. Il est inséré et reconnait les faits, je vous demande une peine aménageable".
Après délibération, le tribunal déclare le prévenu coupable et prononce une peine de 1 an de prison avec sursis probatoire, une interdiction de paraitre au domicile de madame ainsi que des obligations de soins et de travail.


