Comité sécheresse : Un arrêté pour limiter la consommation en eau

L'île connaît, depuis la deuxième quinzaine du mois d'octobre un important déficit pluviométrique. La sécheresse s'est accélérée ces derniers mois. Selon le préfet, "la Réunion est entrée dans une situation de crise modérée, certes, mais de crise tout de même". Lors d'une conférence de presse à l'issue du "Comité sécheresse", réunissant les représentants de l'ARS (Agence régionale de la santé), de la Daaf (Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt), du DEAL (Direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement) et du SDIS, Michel Lalande a annoncé une série de mesures pour diminuer la consommation d'eau.
Le préfet a d'abord indiqué qu'une instruction sera envoyée dans les services publics et dans les collectivités en faveur d'un usage modéré de l'eau. "Il est important que les services publics montrent l'exemple", a-t-il commenté. Et d'ajouter : "La modération c'est la citoyenneté." Le préfet souhaite faire comprendre à l'ensemble de la population qu'elle doit adopter "une consommation plus raisonnée" de l'eau.
Un arrêté sera publié dès demain pour limiter les consommations. Des restrictions seront appliquées à l'arrosage, le lavage de voiture, le remplissage de piscine, l'arrosage des espaces verts et des espaces sportifs. Cet arrêté fera l'objet de contrôle de la part des services de police et de gendarmerie. Des sanctions seront prises à l'encontre des contrevenants d'ici une semaine. "Il y a le temps de la pédagogie mais aussi le temps de la répression", commente le préfet.
Ces mesures s'appliquent à toutes les communes et pourront être atténuées ou aggravées selon l'évolution de la situation. Les mairies auront par ailleurs la possibilité d'augmenter les mesures si la situation le justifie.
"Que les agriculteurs se sentent aidés et soutenus"
Le préfet a rappelé les incidences de la sécheresse sur l'activité économique. Il a indiqué la signature, dès demain, d'un courrier adressé au ministère. Courrier dans lequel le représentant de l'État demande l'accélération du versement du solde des primes et des aides de l'État à la production de canne à sucre afin de créer un "effet de trésorerie".
Pour les éleveurs, Michel Sinoir, le directeur de la Daaf, va étudier les possibilités d'obtenir un délai supplémentaire pour le paiement de leurs charges publiques et ainsi leur permettre d'acheter du fourrage. "Il faut qu'ils se sentent soutenus et aidés", précise Michel Lalande.
Des recommandations quant à l'irrigation des exploitations seront aussi émises. Des horaires souhaitables pour l'usage de l'eau seront recommandées aux agriculteurs : une irrigation et une aspersion la nuit, en début ou en fin de journée pour une irrigation "maitrisée et raisonnée". Un système de veille spécifique sera par ailleurs mis en place en collaboration avec la Daaf et la Chambre d'agriculture afin d'ajuster les mesures prises. Ce "pilotage très fin" concerne le monde agricole mais aussi le secteur industriel. La Préfecture prévoit la mobilisation de fonds de secours si la situation continue à se dégrader.
La sécheresse est synonyme de risque de feu de forêt. Des mesures seront par ailleurs prises au niveau de la sécurité civile. Le préfet a indiqué un renfort de 30 pompiers métropolitains ainsi que la mise en place d'un plan d'intervention et de surveillance des sites.
Pas d'état de "catastrophe naturelle"
Sur l'île, on consomme en moyenne le double de ce qui est consommé en métropole. Une consommation liée aux habitudes mais aussi à un "faible rendement", selon le préfet. Le taux de perdition est en effet important à la Réunion. Un travail de remise en état de l'installation est prévu. Une fois la crise passée, un plan de rénovation sera mis en place.
Le comité de suivi se réunira dans quinze jours afin de faire un état de la situation. Le préfet rappelle par ailleurs que la quantité d'eau n'a aucun impact sur sa qualité et désamorce les inquiétudes des Réunionnais. La procédure d'urgence doit être bien étudiée avant d'être lancée. "La porte n'est pas fermée mais il faut être capable de justifier l'état de catastrophe naturelle", justifie Michel Lalande. Il conclut : "La Réunion n'est pas dans une situation exceptionnelle. La sécheresse est similaire à celle connue en 2007. Il faut être vigilant tout en étant réactif afin de pouvoir anticiper".



