Lutte contre les violences faites aux femmes : La maman de Vanina à cœur ouvert

Vanina avait deux sœurs et un frère, c'était l'ainée. Elle a vécu son enfance à Piton Saint-Leu avant que sa mère ne déménage à Saint-Denis où elle a fait ses études. Lorsqu'elle est enlevée à sa famille, elle a 19 ans et étudie à la Fac de médecine en première année.
Noëline, sa maman, nous a reçus pour nous parler de sa fille. Qui était celle dont la personnalité n'a que trop peu été évoquée lors du procès aux assises de son bourreau ? La famille de Vanina a dû endurer et revivre à quatre reprises les atrocités commises par son assassin : deux fois en cours de cassation concernant son irresponsabilité et deux fois aux assises. Non présents lors de notre entretien, son frère Wilfried et sa sœur Lila ont tenu à lui rendre hommage en laissant un petit mot à son adresse : "Vanina était quelqu'un d'exemplaire pour moi. Elle travaillait bien dans ses études. Je vous remercie de nous avoir donné l'occasion de nous exprimer sur la personne de Vanina", écrit Wilfried, "C'était une grande sœur extraordinaire, une deuxième maman pour moi. Elle avait un grand cœur. Elle offrait généreusement son soutien à ceux qui en avaient besoin et particulièrement à ceux qu'elle portait dans son cœur", ajoute Lila.
"Si je suis là à parler d'elle aujourd'hui, à être debout après quatre procès par rapport à tout ce que j'ai entendu et qui était l'horreur totale, c'est grâce à elle. Si je suis debout, c'est parce qu'elle m'a laissée beaucoup de force. Après, c'est normal, on est encore fragile et on sera toujours fragile, il y aura des hauts et des bas en tant que femme. On vit avec ça, on se soulage, mais on ne guérit pas", explique Noëline avec courage. "À travers moi, elle vit, et je vis aussi pour ce qu'elle n'a pas pu mettre en place", ajoute la maman. "Concernant son parcours scolaire, Vanina a eu le prix du mérite en seconde et le prix du mérite en terminale. Elle a reçu également le prix de la meilleure journaliste du lycée. Elle a réussi son bac scientifique en 2016 avec option langue espagnole", poursuit-elle.
"Vanina puise sa force dans l'histoire du peuple noir et fait des recherches sur les ancêtres dans le marronnage de La Réunion. Elle avait mis une photo de Nelson Mandela au-dessus de son bureau et me disait : 'Maman, ça, c'est pour me donner le courage d'étudier'. Elle a puisé aussi sa force dans la spiritualité africaine et dans la spiritualité en général. C'était une fille qui était très curieuse. Elle me disait, 'maman, il faut que les jeunes Réunionnais, les étudiants, prennent conscience de leur histoire, se mettent debout et fassent tout leur possible pour reprendre leur place ici dans leur île'".
"Vanina passait son temps à son bureau, dans sa chambre qu'elle partageait avec sa sœur Lila, pour étudier. Elle sortait de sa chambre juste pour venir me voir dans la cuisine pour me dire 'maman koué ou la fé cuit ?'. Vanina aimait bien sa langue réunionnaise et aimait ses racines. Pour elle, il était important de savoir qui elle était pour un jour pouvoir expliquer ça lors de voyages et pas juste dire 'mi lé réunioné mais i mange rien que rougail saucisses'", ajoute-t-elle.
"Vanina était beaucoup attachée à la vie. Elle aimait beaucoup la vie, elle aimait beaucoup sourire. Dans le quartier, on va vous dire que c'était une jeune fille qui souriait tout le temps et était quelqu'un de très franc. Vanina, c'était ma maman aussi. Je discutais ce matin avec sa sœur qui me disait que c'était aussi sa deuxième maman, mais Vanina, était la maman de tout le monde dans la famille, c'était une humaniste", conclut Noëline.


