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Alcoolisé, sans permis et en excès de vitesse : 3 ans de prison pour avoir gravement blessé un couple

Un homme comparaissait devant le tribunal correctionnel pour des faits de blessures involontaires ce mardi. Il est à l'origine d'un grave accident de la route le 18 septembre 2022 à Saint-Paul. Les forces de l'ordre avaient dénombré trois blessés graves et deux véhicules détruits ce jour-là.
Ecrit par Régis Labrousse – le jeudi 16 novembre 2023 à 06H06

Il est 4h25 du matin lorsque la vie de deux jeunes de 22 ans va basculer. Ils sortent de boîte et, comme lui a bu, c'est elle qui prend le volant. Sur la route, au sortir d'un virage, elle voit soudainement deux phares en face, mais sur sa voie. C'est trop tard, malgré un freinage d'urgence, le choc est extrêmement violent. Les deux jeunes sont gravement blessés et le responsable de cet accident également. Les deux véhicules sont détruits par l'impact. Les constatations faites par les forces de l'ordre sont sans appel : Le conducteur responsable était sous l'effet de l'alcool et roulait sans permis. Le compteur de son véhicule restera bloqué suite à l'impact à la vitesse de 125 km/h.

Plus d'un an après les faits, le conducteur comparaît devant le tribunal correctionnel pour blessures involontaires avec au moins deux circonstances aggravantes. Le jeune homme a enduré deux mois et demi de corset suite à une blessure aux vertèbres avec quatre mois d'ITT au total. La jeune conductrice aura passé 10 jours en réanimation avec de nombreuses blessures aux reins, à la rate ainsi qu'un pneumothorax. Elle recevra deux mois et demi d'ITT. Invités à prendre la parole à la barre, ils ont beaucoup de mal à s'exprimer : "J'étais sur ma voie et j'ai été percutée par le véhicule en face. C'est très dur à vivre", dit-elle en pleurs.

"Si vous voulez vous tuer, c'est votre problème"

Questionné sur les circonstances par le président, le conducteur ne s'explique que très peu : "Je ne me souviens de rien. J'ai dû m'endormir, c'est la seule explication. On s'en sort tous très bien", indique le prévenu.

"Vous trouvez ? Deux personnes ont été gravement blessées par votre faute. Si vous voulez vous tuer, c'est votre problème", fustige dans la foulée le président.

Agacée par son positionnement, la procureure rebondit : "Vous êtes certain que c'est la fatigue qui est en cause ?". Penaud, le mis en cause peine à répondre.

La procureure lui rafraîchit la mémoire : "Ce n'est pas plutôt l'alcool ? Vous conduisiez avec 0,85 g/l d'alcool dans le sang, sans permis et à 125 km/h sur une route limitée à 70 ! Vous saviez que vous n'aviez pas le droit de conduire puisque vous avez été contrôlé sous stupéfiants quelques mois plus tôt avec rétention de votre permis", tance la magistrate.

"Ils n'avaient rien demandé à personne"

Comme le dit la partie civile pour les intérêts des victimes, "Ils étaient jeunes et joyeux, ils avaient 22 ans au moment de l'accident", puis insiste : "Ils n'avaient rien demandé à personne et cela va les impacter toute leur vie. C'est une épreuve d'être là aujourd'hui, c'est un miracle qu'ils ne soient pas morts", conclut la robe noire. "La notion d'accident est involontaire alors que le comportement est volontaire", souligne le parquet.

"Après des jours et des mois, il pense toujours que c'est son endormissement qui est la cause de l'accident, mais ce n'est pas ça, c'est son alcoolémie", fustige à nouveau la procureure qui requiert 3 ans de prison dont 18 mois de sursis probatoire avec mandat de dépôt différé à l'audience.

Invité à s'exprimer en dernier, le prévenu, qui comparait libre et sans avocat, lance au tribunal : "18 mois, ça fait beaucoup quand même ! Ça me paraît excessif". Le tribunal, après délibération, condamne le prévenu à trois ans de prison dont deux ans de sursis probatoire. Il devra suivre des obligations de soins, de travail, s'acquitter des sommes dues aux victimes.

Il lui est fait interdiction de conduire un véhicule non équipé d'un système d'éthylotest et voit sont permis annulé avec interdiction de le passer pendant huit mois. Il encourrait sept ans de prison pour ce type de faits et devra passer devant le juge d'application des peines pour l'exécution de la partie ferme.

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