St-Louis : Jaloux, il violente sa conjointe... et ses maîtresses

Une fois n'est pas coutume, les victimes étaient présentes au procès qui se déroulait au tribunal correctionnel de Saint-Pierre. Mais vu l'attitude et les explications de Mathieu A, elles doivent regretter d'être venues et surtout de lui avoir accordé une place dans leur vie.
La première, Julie*, n'est autre que sa compagne "officielle" et la mère de son fils de 3 ans. Le 17 octobre, Mathieu est avec des amis et demande à Julie de venir le chercher, car il a consommé des amphétamines. En attendant qu'il arrive, elle discute avec un ami de Mathieu. Une fois dans la voiture, ce dernier va rouer de coups sa compagne pour avoir parlé avec son ami. Cela alors que leur fils de 3 ans est à l'arrière de la voiture.
Mathieu va alors disparaître pour se réfugier chez Lydie*. Deux jours après les premiers faits, il ne supporte pas que celle qui l'héberge invite des amis à son propre domicile. Lorsque ces derniers sont partis, il va la tabasser une première fois sur le balcon, avant de recommencer dans la chambre. Le tout sous la menace d'un couteau et d'un tournevis. La pauvre femme ne va avoir pour seul réflexe que de se mettre un drap dans la bouche pour éviter que les cris ne réveillent sa fille.
Ce n'est pas le seul épisode de violences qu'a connu Lydie. En septembre dernier, lorsqu'elle a appris qu'il était déjà en couple, elle a voulu mettre un terme à leur relation. L'homme de 34 ans va alors l'emmener dans un champ à Saint-Louis où il va la frapper et la menacer de mort. Elle acceptera de reprendre une relation avec lui plus tard.
"Ce sont des violences réciproques"
Face aux magistrats, Mathieu va d'abord jouer la carte de celui qui assume les déclarations de sa compagne. "Le geste a été porté, j'ai à assumer. C'est tout", lance-t-il en donnant la forte impression au tribunal qu'il ne regrette aucunement son geste. La présence de son fils dans la voiture n'est pas un facteur aggravant selon lui, puisqu'il dormait. Pour info, le garçon est le seul de ses 5 enfants, avec 5 mères différentes, qu'il a reconnu.
Concernant Lydie par contre, il ne va rien assumer du tout. Il nie toute relation amoureuse avec elle, évoquant uniquement "des pulsions" sur fond de drogue et qu'il appelle tous ses amis "mon amour" ou "ma chérie". S'il reconnaît "l'avoir bien baffée", il accuse la mère de famille d'avoir "un sale caractère" et estime que "ce sont des violences réciproques". Il pousse même le bouchon en assurant qu'il a lui-même "constaté qu'elle avait des bleus sur le corps", et que cela est dû à une agression qu'elle a subie la veille sur le parking par des inconnus.
"Il n'a pas une once de respect pour la femme. Le paradoxe, c'est qu'il reproche à Julie de parler avec un autre homme, mais lui peut être 'proche' de Lydie. C'est lui qui décide quand il a une relation, pas elle ni le tribunal", s'insurge Me Clotilde Pauvert qui représente les deux victimes. Elle demande 2000 euros de dédommagements pour chaque femme et le retrait de l'autorité parentale.
"Il reconnaît les faits, mais les banalise"
"Son profil est inquiétant sur les faits, mais surtout sur son positionnement et ses attitudes. Il reconnaît les faits, mais les banalise et les rend acceptables", argue le procureur qui rappelle que 6 de ses 13 condamnations sont pour des faits de violences. "Il est incapable de remise en question", assure-t-il avant de requérir une peine de 2 ans de prison ferme, ainsi que la révocation de 6 mois de sursis pour une précédente condamnation pour des violences sur une autre maîtresse.
Pour la défense, Me Soizic Panefieu va expliquer que c'est sa "consommation de drogue depuis 4 mois qui explique son passage à l'acte". Elle va également insister sur le fait que la relation entre Mathieu et Lydie "n'est construite qu'autour de la drogue."
Le tribunal va le reconnaître coupable et confirmer qu'il avait une relation avec Lydie, ce qui constitue un facteur aggravant. En répression, il est condamné à deux ans de prison ferme, ainsi qu'à la révocation de 6 mois de sursis. Il a interdiction d'approcher les victimes pendant 3 ans et se voit retirer l'exercice de son autorité parentale.


