Menaces, provocations et graves violences entre deux familles pour une place de parking

Coup dur ce lundi après-midi pour William Phileas, 40 ans, qui vient de partir en prison pour les six prochaines années. Le 31 juillet dernier, le quadragénaire avait porté six coups de sabre à son rival, un ancien ami d’école. "Même nos pères étaient des dalons. Nous aussi on était copains quand on était à l’école, puis ça s’est dégradé", explique le Bénédictin.
En effet, depuis déjà plusieurs mois, les deux familles sont en conflit à cause d’une place de parking. Des menaces, des provocations, des bagarres de part et d'autre, le ton est monté de manière inquiétante entre les deux clans de Saint-Benoit. Le jour des faits, la victime était en train de bricoler le moteur de sa voiture, lorsque William Phileas s’était approché dans son dos. "Il a relevé ses mains, il tenait un outil. J’ai eu peur, j’ai frappé. Je le regrette sincèrement", indique le prévenu à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Denis.
Le passé judiciaire ne joue pas en la faveur de celui-ci, déjà condamné quatre fois pour des violences, dont deux avec arme, et trois fois avec des circonstances aggravantes, rappelle le président de l’audience. "Oui je marche avec un sabre. Oui j’ai peur", poursuit le père de famille, agent d’entretien à la mairie de Saint-Benoit.
Au soutien des intérêts de son client, son avocate, Me Marie Briot, ne manque pas de rappeler le passé de William Phileas dont le frère est mort il y a plusieurs années dans ses bras, poursuivi par une bande rivale qui lui avait tiré dans le dos. "Depuis, il a un sentiment d’impuissance et il a une peur panique qu’on s’en prenne à sa famille", plaide le conseil.
C’est ce qui semble s’être passé le jour des faits. La veille, le fils de Phileas qui avait reçu un coup de poing au front de la part de la victime venait d'apprendre qu'il allait devoir se faire opérer afin que sa blessure soit consolidée. William Phileas était sur les dents au moment où il avait croisé son rival.
"Il présente un potentiel dangereux, suite à différentes altérations du discernement", a précisé l’expert qui s’est chargé d’examiner l’intéressé. Mais pour le parquet, aucune excuse n'est bonne à entendre, l'abolition du discernement devant être écartée au motif "qu’elle concerne le décès d’un frère qui s’est produit il y a longtemps" et pour lequel "l’intéressé n’a été ni suivi ni soigné", précise la représentante de la société.
William Phileas se trouvant en triple récidive, elle propose au tribunal de prononcer une peine de 7 ans d'emprisonnement. Le tribunal condamne William Phileas à six ans de prison ferme.


