St-Louis : L'accrochage sur la 4 voies se termine en échange de coups de poing

"C'est un dossier en miroir, chacun accuse l'autre", annonce d'entrée le président du tribunal dans l'affaire opposant Luc* à Rémi*. La suite de l'audience ne va faire que confirmer ses propos.
Les faits remontent au 12 septembre 2020 sur la RN2 entre Saint-Pierre et Saint-Louis. Les deux hommes s'accrochent sur la route. Luc accuse Rémi d'avoir accéléré et déboîté devant lui alors qu'il le doublait. De son côté, Rémi assure n'avoir pas vu Luc dans le rétroviseur et que ce dernier a déboulé à toute vitesse.
Par hasard, les deux hommes se rendent à la Rivière Saint-Louis et prennent la sortie du pont enjambant la rivière Saint-Etienne. S'observant l'un et l'autre, ils concluent chacun de leur côté que l'autre s'est engagé soit pour un constat, soit pour en découdre. Ils se stationnent sur un parking à l'entrée de Saint-Louis et la bagarre commence.
Chaque prévenu à sa version, chaque magistrat la sienne
À nouveau, les versions vont s'opposer. Luc affirme que Rémi est venu à sa portière et a commencé à lui asséner des coups de poing, tandis que ce dernier assure que c'est Luc qui s'est jeté sur lui. Rémy affirme d'ailleurs avoir été mis KO et qu'il ne doit son salut qu'à son demi-frère présent avec lui. Il a une plaie sous le menton et prétend qu'il a été frappé avec une arme blanche. Surtout, Rémi indique qu'il est handicapé à 80 % et qu'il ne peut donc pas se battre.
Cependant, Rémy souligne que ce KO lui a fait perdre la mémoire sur une partie des faits. Le président du tribunal va lui rappeler qu'il se souvenait de tout lorsqu'il a déposé plainte. Le juge va surtout demander aux deux prévenus s'ils n'avaient "tout simplement pas envie d'avoir une rixe tous les deux au moment où vous êtes sortis ?" Les deux prévenus nient.
Pour la procureure, "il y a des dossiers où il est difficile de démêler le vrai du faux et il y a des dossiers où tout s'éclaire". Pour la parquetière, il ne fait aucun doute pour que la version de Luc soit la bonne, puisqu'elle est "corroborée par le constat médical et celui sur les voitures". Selon elle, la plaie sous le menton est due au coup de portière lorsque Luc l'a ouverte. "C'est donc de la légitime défense. On peut être en situation de handicap et être quelqu'un de violent", argue-t-elle.
Pour Me Gabriel Odier, qui défend Rémi, "il y a un choix un peu arbitraire à mon sens. C'est celui qui s'est planqué et qui n'a pas de plaie profonde qui est mis hors de cause". Il demande donc que son client soit débouté des accusations et demande 1.000 euros pour le préjudice et 1.000 euros pour les frais d'avocats.
De son côté, Luc réclame 1.500 euros pour le préjudice moral et 1.400 euros pour les frais de réparation de sa voiture. La décision a été mise en délibéré pour le 24 octobre prochain.


