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St-André : Alcoolisé, il fracasse son dalon SDF à coup de marteau

Tout part d'un bon sentiment entre Jean-Cyril S. et son dalon SDF à qui il propose un hébergement. Sauf que la cohabitation des deux, qui s'alcoolisent jusqu'à plus soif, finit par tourner au pugilat le 5 août dernier à Saint-André.
Ecrit par Régis Labrousse – le jeudi 10 août 2023 à 15H03

Le moins que l'on puisse dire est que Jean-Cyril S., agent à la mairie de Saint-André, boit énormément et ce, toute la journée. Lorsqu'il est interpellé pour des faits de violences avec usage d'une arme le 7 août dernier, il faudra plusieurs jours aux policiers pour pouvoir l'interroger tant il est imbibé d'alcool. Lors de son placement en garde à vue, il affichait un taux de plus de 2 g/l d'alcool. L'autre protagoniste de cette violente agression est son dalon SDF qui avait trouvé refuge chez lui. Il avait proposé de l'héberger en échange de son aide pour s'occuper de son père diminué. 

Le 4 août dernier, alors qu'ils sont chez Jean-Cyril S. à Saint-André, une première scène de violence a lieu. La victime atteste que son dalon lui a porté des coups de pilon kalou au niveau des genoux alors qu'il préparait un rougail. Le lendemain, ils partent dès le matin au bar et, déjà bien alcoolisés, décident de rentrer pour manger des grillades. La victime assaisonne la viande lorsqu'elle sent une présence derrière elle. À peine le temps de se protéger de sa main, qu'elle reçoit un coup de marteau derrière la tête. Fort heureusement, la main absorbe le violent coup. 

S'en suit une scène d'une rare violence. La victime reçoit des coups de marteau dans les côtes puis des coups de poing dans la tête et la bouche. Son agresseur, qui le menace de l'"enfermer dans la cage du chien", finit par le mettre dans le parc poule. Il parvient à s'enfuir en escaladant le grillage. Au final, il s'en sort miraculeusement avec 21 jours d'ITT et trouve le courage d'être présent à l'audience.

"Avec tous ces coups de marteau il est encore vivant ?"

Face au tribunal ce mercredi, le prévenu reconnait les faits à minima. Le kalou, il lui a lancé mais ne voulait pas le blesser : "Je l'ai lancé pour qu'il l'attrape, il avait bu, il l'a raté et ça a touché sa jambe" indique-t-il. Le marteau, certificat médical oblige, il est forcé de reconnaitre, mais ironise : "Avec tous ces coups de marteau il est encore vivant ? C'est pas trop normal. Je l'ai lancé parce que je bosse et lui reste dans le fauteuil à bougonner" lance-t-il au président qui lui fait remarquer que de le cas contraire, il serait aux assises. 

À chaque blessure, le prévenu trouve une explication, pareil pour les constatations médicales du médecin légiste sur certaines blessures. Il estime en effet qu'elles sont anciennes. "Je ne savais pas que vous étiez médecin mais vous êtes expert aussi" tance le magistrat qui poursuit par le casier judiciaire de l'intéressé. Il fait état de 3 mentions, toutes pour des violences. Il n'en faut pas moins à la partie civile pour enfoncer le clou. 

"Les faits sont caractérisés et le motif purement dérisoire. Il s'enferme dans des déclarations absurdes alors qu'il s'acharne sur mon client. Je demande une provision de 3000€ et un renvoi sur les intérêts civils" plaide la robe noire. "Le certificat médical corrobore les déclarations de la victime" enfonce le parquet. "J'ai été effarée par le récit de la victime qui donne toujours la même version d'autant que la police trouve une scène qui a été nettoyée. Les faits sont extrêmement graves" assène la procureure qui requiert 30 mois de prison avec maintien en détention. 

"Il y a un manque flagrant d'éléments dans cette procédure"

"Certaines blessures ne peuvent être datées" répond la défense peu aidée par le comportement et les propos de son client à la barre. "Il y a un manque flagrant d'éléments dans cette procédure. Il a déjà été suivi par le SPIP (service pénitentiaire d'insertion et de probation) et cela s'est très bien passé. Il a un travail en CDI, une peine assortie d'un sursis probatoire renforcé peut être inclus ainsi qu'un aménagement pour la partie ferme" conclut la robe noire. 

Après délibération, le tribunal fait droit aux arguments de la défense. Le prévenu est condamné à la peine de 24 mois de prison dont 6 mois assortis d'un sursis probatoire ainsi qu'un mandat de dépôt "compte tenu de la gravité des faits", souligne le président. Il lui est fait interdiction de contact avec la victime et de fréquenter les débits de boissons. 

NB : lI apparait opportun et important de rappeler le rôle et l'implication des avocats commis d'office au barreau de Saint-Denis qui officient dans le cadre de la permanence et interviennent dans ces dossiers. Ils apparaissent extrêmement impliqués et professionnels et sont, pour la plupart, payés par l'aide juridictionnelle. Comprenez que l'Etat prend en charge les honoraires pour les mis en cause au moyen d'un forfait que les spécialistes perçoivent souvent longtemps après les jugements. La permanence se fait sur la base de volontariat et apparait extrêmement chronophage allant de la garde à vue à l'audience en passant par déferrement au tribunal.

Etiquettes : Violences

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