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St-Louis : Ils agressent un ancien commando, se font durement blesser et jouent les victimes

Deux Saint-Louisiens ont été jugés hier pour vol avec violences. Ils ont agressé deux hommes pour leur voler leurs affaires. Malheureusement pour eux, l'un des deux était un ancien militaire qui leur a opposé une farouche résistance au point de les blesser. Ils ont alors prétendu avoir été attaqués par les deux victimes en raison de leur origine. Ils ont écopé de 3 ans de prison ferme.
Ecrit par Gaetan Dumuids – le jeudi 3 août 2023 à 11H33
Source : GetMilitaryPhotos

Le 21 juillet dernier, deux hommes ont passé la journée chez un ami à eux pour regarder le Tour de France. Vers 22h, ils quittent l'appartement pour rentrer chez eux après une journée bien arrosée. Ils décident de passer devant la gare routière de Saint-Louis, ce qui constitue "l'erreur" selon l'un d'eux.

En effet, alors qu'ils passent devant ce lieu à la mauvaise réputation, deux jeunes hommes se mettent à les suivre. Ancien commando de marine, l'un d'eux comprend "qu'ils sont suivis" et doit composer avec son ami dont l'état d'ébriété ne lui permet pas de réagir. Ils rentrent dans un bar, mais la gérante annonce qu'elle ferme. L'ancien militaire demande alors deux bières à emporter "plus pour avoir quelque chose dans la main pour me défendre. Je suis paranoïaque, c'est ce qui nous a sauvés", explique-t-il durant son audition.

Effectivement, en sortant du bar, les deux jeunes les attendent un peu plus loin. Alors qu'ils s'approchent de manière menaçante, le militaire leur jette une des bières, mais manque sa cible. L'un des jeunes riposte en jetant une pierre qui va atteindre l'homme le plus saoul à la tête. Il s'écroule complètement KO.

L'un des deux jeunes va frapper l'homme à terre tandis que l'autre se bat avec le militaire. Voyant qu'il n'a pas le dessus, il sort un couteau. À deux contre un, l'ancien militaire parvient à se saisir du couteau, mais tombe au sol. Les deux jeunes le rouent de coups, mais celui-ci parvient à se défendre avec l'arme et les blesse durement. Finalement, les deux jeunes partent en emportant avec eux les sacs des deux amis.

Ils tentent de se faire passer pour les victimes

Arrivés sur les lieux, les gendarmes les retrouvent rapidement. L'un d'eux refuse de se faire soigner et menace même ses proches de représailles s'ils parlent aux forces de l'ordre. Plusieurs témoins ont assisté à la scène et leurs témoignages seront capitaux durant le procès. L'ancien militaire a eu la main cassée durant l'affrontement et s'est vu prescrire 45 jours d'ITT, en plus de probablement subir une opération.

À la barre du tribunal, les deux jeunes affirment que tout a commencé parce que les deux amis leur auraient lancé "pes' Comores, rent dans out péi". Des insultes en créole de la part de métropolitains qui étonnent le tribunal. "Et alors, ce sont des insultes qu'on entend tous les jours. C'est facile à apprendre" se justifie l'un des prévenus.

Ils vont alors tenter de faire croire que ce sont les insultes racistes qui ont fait monter la tension et que ce sont les deux métropolitains qui ont déclenché la bagarre. Malheureusement, leur passé judiciaire ne plaide pas en leur faveur. L'un a 10 condamnations sur son casier, l'autre 9 acquises avant sa majorité. Surtout, ces condamnations comprennent de nombreux vols avec violences et port d'armes avec le même procédé qui consiste à attaquer des personnes seules en état d'ivresse.

Quand on leur rappelle ce passé judiciaire, l'un d'eux va tenter de faire croire que ce sont toujours des propos racistes qui ont déclenché ces multiples agressions. Ils expliquent également que, malgré le fait d'être blessés, ils ont pris les sacs "pour se venger", mais pas parce que c'était l'objectif initial.

"On a le sentiment que c'est leur terrain de chasse"

Pour la procureure, la posture de défense des deux prévenus est inquiétante, car elle ne montre aucune remise en cause des prévenus. "J'ai du mal à croire qu'ils étaient en état de légitime défense. Surtout vu le fait qu'ils pensent à voler malgré les blessures. On a le sentiment que c'est leur terrain de chasse et quiconque passe peut tomber dans leur filet. Il n'y avait aucune considération pour l'être humain en face d'eux et en plus, ils jouent les victimes", argue la parquetière avant de requérir une peine de 4 ans de prison ferme.

Finalement, le tribunal va les condamner à une peine de trois ans de prison ferme. Ils doivent dédommager l'une des victimes solidairement à hauteur de 1000 euros. Pour l'autre, la décision sera prise lors du renvoi sur intérêts civils une fois que le diagnostic final pour sa main sera évalué.

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