Enceinte d'un autre, elle agresse son conjoint au couteau par "jalousie"

Ce sont des faits particulièrement violents qui ont mené Nelsa A., 35 ans, à la barre du tribunal. Le fond de l'histoire est une affaire de jalousie. Le 30 juillet dernier, à la Possession, elle reproche à son compagnon (ou ex-compagnon, même eux ne semblent pas d'accord sur ce point), d'être allé "koker" ailleurs. Il convient de préciser que la prévenue se présente enceinte à la barre et qu'elle explique au président que l'enfant est le fruit d'un relation secrète.
Pourtant, ce 30 juillet, tout commençait bien au retour de son compagnon, après quatre jours de vadrouille, puisqu'ils reconnaissent avoir eu un rapport. Ce fut de courte durée puis qu'elle précise au tribunal : "Il voulait par derrière mais moi je voulais pas. J'ai dit si ça fait mal on arrête, mais il a continué. Je vais porter plainte pour ça". Une violente dispute éclate ensuite en raison d'une relation qu'il entretiendrait avec une autre. Très énervée, elle sort de ses gonds et se saisit d'un couteau de 32 cm.
Incarcérée à Domejod en détention provisoire, elle y avait rencontré la victime
L'homme prend alors son téléphone et filme toute la scène. Au total, ce sont deux vidéos de 5 et 2 minutes que le tribunal diffuse. La prévenue apparaît très énervée, menaçante allant jusqu'à porter au moins quatre coups avec le plat de la lame. Au milieu de tout ça, leur petite fille de 2 ans qu'il tient dans ses bras pendant toute la scène. La victime est légèrement blessée et reçoit 1 jour d'ITT. Ce qui choque le plus le tribunal, au-delà de ces violences inacceptables, c'est la présence de cette petite qui assiste à ce déferlement d'insultes et d'agressivité. Elle est immédiatement placée après les faits. La prévenue est malheureusement rompue à cet exercice, puisqu'elle a déjà été condamnée en 2018 pour des faits identiques sur son ex-compagnon. C'est d'ailleurs lors de sa détention provisoire à Domejod qu'elle y avait rencontré la victime de cette affaire. A noter que la prévenue n'a pas été épargnée par la vie : son père a assassiné sa mère en 2018 avant de mettre fin à ses jours.
Lorsque le président cherche à en savoir plus sur sa première condamnation, elle se braque : "Je ne veux plus parler". Le magistrat explique : "Nous avons besoin de comprendre pour savoir à qui nous avons affaire. De plus, il y a ces choses lourdes qui vous ont complètement déglinguée, même si les faits sont en amont de ces décès". Présente, la victime décide de se constituer partie civile. Ce n'était visiblement pas son intention au départ mais il indique à la barre : "Je suis venu ici pour la défendre, mais comme elle a parlé de cette histoire de viol, j'ai plus rien à dire car c'est menteur. Je demande 200 euros de dommages et intérêts". De son côté, la prévenue, qui a gardé le silence, s'excuse : "Je suis déçue de moi. Je n'avais pas l'intention de le tuer. Mon gros regret c'est que ma fille soit présente à ce moment-là. Je reconnais mes torts. Moi aussi, je vois quelqu'un en secret. Mais il n'avait qu'à pas mentir non plus", concède la prévenue au tribunal.
"Hors-normes, hors-sol, incompréhensibles"
Ces aveux ne sont pas de nature à émouvoir le parquet qui estime que 'les faits sont clairs et les vidéos assez évocatrices". Le procureur évoque des faits "hors-normes, hors-sol, incompréhensibles", insistant sur "le caractère extrêmement choquant de la présence de la fillette tout au long de la scène". En conclusion, le magistrat relève : "Ceci nous dépasse totalement, nous sommes passés tout près d'un drame car à tout moment, le couteau aurait pu changer d'orientation. Je demande 2 ans de prison dont 6 mois de sursis probatoire, le retrait total de l'autorité parentale et le maintien en détention". La défense réagit avec vigueur, "la prévention, rien que la prévention, même si les images sont ce qu'elles sont, il n'y a qu'un jour d'ITT" La robe noire poursuit : "Cette femme est bousillée, broyée par la vie. Ses cinq enfants sont placés et il y en a un à venir. La détention n'est pas la solution, il faut juste les séparer" plaide la défense qui demande une peine sous détention à domicile.
Déclarée coupable par le tribunal, la prévenue est condamnée à la peine de 18 mois de prison dont 6 mois de sursis probatoire ainsi qu'au retrait total de son autorité parentale. Elle est maintenue en détention et devra suivre des obligations de soins, de travail et indemniser la victime.


