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Violences sur sa compagne : "Je ne tape jamais le corps mais plutôt le visage"

Les comparutions pour violences conjugales se suivent et se ressemblent. Dans le prétoire de Champ Fleuri, un conjoint cogneur récidiviste a fait une démonstration de mauvaise foi et de bêtise en se faisant passer, comme souvent, pour la victime. Il a été sévèrement sanctionné par le tribunal correctionnel.
Ecrit par Isabelle Serre – le jeudi 13 juillet 2023 à 09H30

Né en 1987 à Saint-Denis de la Réunion. Jean-Gaël Totaconan a 11 mentions à son casier judiciaire. En 2020, il a été condamné à 4 quatre ans de prison, dont un an avec sursis probatoire pour des violences conjugales aggravées sur sa compagne. A sa sortie de détention en décembre 2022, et alors qu’il avait interdiction d’entrer en contact avec celle-ci, le trentenaire n’a rien trouvé d’autre de mieux que de retourner auprès d’elle.

"Ce jour-là, on s’est pris la tête. On avait bu. Je sais plus pourquoi... mais j’ai pas frappé, peut-être une gifle éventuellement..." commente le mis en cause comme si c'était sans gravité . Le certificat médical de la victime indique pourtant que la femme était "couverte de bleus" lorsqu’elle a consulté. "Elle était rassurée quand il était en prison" lance l’avocate de la partie civile. 

Malgré les évidences, et notamment le témoignage du fils de la malheureuse ayant assisté à la scène, Jean-Gaël Totaconan réfute tout ce qui lui est reproché. "Elle s’est fait ça toute seule. Je ne tape jamais le corps" ajoute le prévenu. Au président de l'audience qui demande des précisions concernant cette affirmation, Jean-Gaël Totaconan précise que "oui, qu'il ne tape pas le corps, mais le visage". Un frisson parcourt le prétoire. 

Pendant les réquisitions du procureur de la République, l'intéressé secoue la tête dans tous les sens, sourit à chacune des phrases prononcées par le magistrat, comme s’il était totalement étranger à ce qui s’était passé et que finalement, c’était lui la victime.

"Ce dossier et d’une simplicité exemplaire. Il n’avait pas à être là" a fustigé Antoine Tur qui a requis 4 ans de prison, un maintien en détention ainsi que la révocation du sursis probatoire prononcé en 2020.

Le tribunal a condamné Jean-Gaël Totaconan à 3 ans de prison et la révocation d'un an de sursis et prononce à nouveau une interdiction de contact. 

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