Un commerçant de Saint-Denis immortalise ses jeunes cambrioleurs grâce à la vidéosurveillance

Le visionnage de son réseau de caméras de surveillance finit par mettre un visage sur les monte-en-l’air. Pas plus haut que trois pommes, les cambrioleurs ont l’âge d’aller au collège tout au plus.
Exaspéré, le gérant décide d’afficher les images de vidéosurveillance sur sa page Facebook en guise de première victoire. "Je sais déjà qui c’est", annonce celui qui a pu compter sur les partages par centaines de son post Facebook. De ce fait, les jeunes voleurs auront vite fait d’être démasqués.
"Jusqu’à quand ce système va durer ? Jusqu’à quand on va se sentir en insécurité ? Il faudra bien que l’Etat, un jour, trouve le moyen de sanctionner durement ces jeunes parce que, qu’est-ce qu’ils risquent réellement ? Pas grand chose !" répond-il en devinant la fin de l’histoire.
Ces vols, même s’"ils n’ont pas saccagé le restaurant", nuisent à la motivation des acteurs économiques qui triment pendant que d’autres s’amusent à tout bousiller en un éclair.
"Ils ont réussi à entrer dans le restaurant, à fouiller dans le vestiaire, dans les boissons, dans le fond de caisse. La porte est défoncée, ils l’ont brisée avec une sorte de pied de biche. Une fenêtre a été forcée, Ils ont fouillé dans les réfrigérateurs… Mon père, qui a 64 ans et qui est à trois-quatre ans de la retraite, a passé la journée à trouver le moyen de réparer la porte car on ne peut pas laisser le restaurant ouvert comme cela, sinon ils vont repasser", montre-t-il son agacement.
Punir les familles à défaut des enfants mineurs ?
"Ce sont des jeunes qui ne nous connaissent pas. Ils n’ont aucun respect, ils ne savent pas à qui ils ont affaire", ajoute-t-il en estimant que, dans le quartier, du fait que tout le monde se connaît, une forme de respect s’est créée entre anciens du secteur, qui plus est vis-à-vis d’un restaurant historique des Camélias. "Qu’est-ce que la police peut faire, qu’est-ce que la justice peut faire ? Est-ce que l’Etat pourra mettre en place des punitions pour des jeunes qui commencent à casser dès ce jeune âge ?" demande-t-il sans trop y croire.
Cela fait un moment que l’établissement n’avait pas été visité. Entretemps, le gérant de 34 ans s’est donc équipé en vidéosurveillance. Un investissement qu'il n'est pas le seul à avoir engagé parmi ses connaissances. "J’ai un ami qui est dans la même situation. Il a diffusé les images des jeunes en train de courir (après être entrés chez lui, ndlr). Aujourd’hui on est dans une insécurité dans nos commerces. On se rend compte qu'avec cette jeunesse qui vient, on ne sait pas comment réagir. Est-ce qu’il n’y aurait pas la possibilité d’abaisser l’âge pour pouvoir les punir parce qu’aujourd’hui, s’ils n’ont pas 16 ans, ils ne vont rien avoir ! Ou sinon il faudrait punir les familles aussi car il faut que les parents prennent leur responsabilité aussi."
Alors qu’il promet de répliquer proprement en présentant les images à la police, le gérant a déjà une idée de la localisation de ses clients nocturnes. "Ils habitent à la Chaumière, à Château Morange, aux Camélias même", a-t-il déjà obtenu des indications grâce au bouche-à-oreille.


