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Harcèlement moral et violences : Une ancienne candidate à la députation reconnue victime

En couple avec son expert comptable rencontré dans le cadre professionnel, la commerçante a été reconnue victime dans un contexte de descente aux enfers. Le mis en cause, qui a reconnu les faits, a été condamné pour le harcèlement, les violences conjugales mais également deux agressions sexuelles. Son nom est désormais inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.
Ecrit par Isabelle Serre – le lundi 5 juin 2023 à 14H47

L’expert psychologue dénonce "une forme d’acharnement" dans une relation d’emprise. Le spécialiste met également en avant les troubles de la personnalité du prévenu. Ce vendredi, Eric V. était à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Denis pour répondre de harcèlement conjugal, de deux faits d’agression sexuelle, ainsi que de menaces et de violences à l’encontre de son ancienne compagne.

Cette dernière est une ancienne femme politique soutenue par le MoDem il y a une dizaine d’années lors de la course à la députation. Reconvertie dans les spiritueux, la jeune femme a rencontré le mis en cause qui n’était autre que son expert-comptable. "Un homme aux responsabilités en lien avec le monde judiciaire à ce titre", commente la représentante de la société, qui fustige le commissaire aux comptes qui a utilisé "cet outil" pour exercer des violences et agresser la victime.

Au centre du prétoire, Eric V., jean et chemise à rayures, reconnaît les faits qui lui sont reprochés, "de la violence conjugale qui touche absolument tous les milieux", lance le parquet. Eric V. aurait forcé sa cliente à l'embrasser à plusieurs reprises, l'aurait violentée en la mettant au sol tout en la menaçant d'exercer des pressions. Le quadragénaire a reconnu des faits "graves" d’autant qu’il avait eu également maille à partir avec le frère de la victime à qui il avait donné des coups de tête. "J'ai honte", commente le prévenu.

Demande de non inscription au casier judiciaire refusée

"Une association malheureuse, une relation mal gérée" aux dires de l’avocate de la défense, Me Aaeza Cadjee, qui a insisté sur le contexte d’une descente aux enfers "à nuancer dans un cadre de rupture difficile", madame n'ayant pas de positionnement clair au moment de la séparation du couple.

Le ministère public a requis 18 mois de prison avec sursis probatoire, une amende de 400 euros et un stage de sensibilisation aux violences conjugales. Une proposition que le tribunal a suivie et à laquelle il a ajouté une interdiction de contact et de paraître au domicile de la victime pendant deux ans ainsi qu’une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles pour l'auteur.

La demande de non inscription au bulletin N°2 du casier judiciaire a été refusée par les magistrats correctionnels qui ont accordé un préjudice moral de 5000 euros à la victime et une indemnisation de l’ordre de 500 euros au titre des frais de justice.

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