Revenir à la rubrique : Société

Katy Hoarau élue présidente du Comité Outre-Mer et Corse des Experts-Comptables

Il y a deux ans, Katy Hoarau était élue présidente de l'ordre des experts comptables de la Réunion (CROEC). Depuis le 2 février dernier, la voilà investie d'une mission nationale avec la présidence du Comité Outre-Mer et Corse Conseil National de l’ordre des Experts-Comptables.
Ecrit par Régis Labrousse – le lundi 27 février 2023 à 11H02

Le 2 février 2023, lors de la session extraordinaire du Conseil National de l’Ordre des Experts-Comptables, Katy Hoarau, présidente du Comité Régional de l'Ordre des Experts-Comptables de La Réunion, a été nommée présidente du Comité Outre-Mer et Corse pour la période 2023-2024. Ce Comité national, qui a été créé en 2017, a été présidé successivement par Marcelino Burel (2017-2020) et Abdoullah Lala (2021-2022). Katy Hoarau est la première femme à en prendre la tête.

Récemment renouvelée dans ses fonctions de présidente au sein du CROEC et forte de cette nouvelle fonction, Katy Hoarau compte porter haut la voix ultramarine au niveau national. "Le Comité Outre-Mer, qui existe depuis 6 ans, réunit les présidents des régions de Corse, de Guadeloupe, de Guyane, de La Réunion, de Martinique et de Mayotte ainsi que les élus ultramarins du Conseil national. Le Comité a pour vocation de valoriser les territoires ultramarins au niveau national en les faisant connaître et en acculturant la profession et son écosystème. Il se veut être une force de proposition sur les sujets économiques concernant les Outre-mer", explique la néo-présidente, ajoutant, "l'ambition que j'ai avec les membres du comité Outre-mer et les élus à la Réunion, est de rendre nos territoires et nos entreprises beaucoup plus attractives". 

Pendant son mandat, Katy Hoarau prévoit de développer plusieurs axes : "Les axes de mandatures du Comité pour 2023-2024 vont être l’attractivité, la formation et l’ancrage de la profession comptable dans l’écosystème économique ultramarin au niveau national et européen. Nos territoires se vident de manière plus ou moins significative de nos talents. La profession comptable, comme toutes les filières, en souffre également. Il s’agit pour nous d’organiser des actions qui mettent en relation nos entreprises et les jeunes talents qui veulent être solidaires du destin économique de nos territoires". 

Katy Hoarau insiste sur un point qui lui parait déterminant pour l'avenir des entreprises réunionnaises, elle s'explique : "Il convient d'apporter une solution concrète au problème de l’encadrement intermédiaire qui manque cruellement au tissu économique local. Les jeunes réunionnais qui partent pour leurs études ne rentrent pas forcément travailler dans l’île. Si on arrivait à faire revenir nos talents ou à en attirer, les entreprises de taille moyenne pourraient se constituer un encadrement intermédiaire. Ce 'top management' leur permettrait de booster leur développement, et aussi de faciliter les transmissions d’entreprises des baby-boomers".

"Et il est de manière générale difficile de faire venir, ou revenir des jeunes talents, comme les moins jeunes d’ailleurs ! Alors bien sûr, il faut du sens : on le sait, aujourd’hui, les jeunes talents ont besoin de sens dans leur carrière. Ici, comme partout en Outre-mer, on propose d’être solidaire du destin du territoire. Compte tenu de l’insularité dans un bout de carrière, voir l’impact de ces actions pourrait être un critère déterminant", ajoute-t-elle.

"Mais au-delà, du sens, il y a aussi la rémunération. On ne cesse de parler de la vie chère, mais la conséquence c’est que l’on n’attire pas forcément un jeune talent avec un revenu moyen équivalent à celui de métropole. Il faudrait que les entreprises puissent leur proposer une rémunération et un plan de carrière satisfaisants".

Katy Hoarau propose donc de prévoir dans la Lodeom (exonération de cotisations patronales d'assurances sociales et d'allocations familiales) un "dispositif par tranche en lieu et place du seuil existant qui prévoit de ne pas exonérer les charges sociales au-delà de 2,5 SMIC. Cela permettrait aux entreprises d’agir sur le volet rémunération sans alourdir le poids des charges sociales. La majoration des revenus dans la fonction publique a été mise en place pour attirer les compétences, pourquoi ne pas nous permettre aussi d’attirer les compétences dans le secteur privé ? Dotées d’un 'top management', les entreprises ultramarines pourraient dépasser certains plafonds de verre et offrir des plans de carrière plus attractifs". 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :