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​Vidéo - Récit d’une famille de réfugiés en route pour un nouveau départ

Depuis 2018, 13 embarcations battant pavillon sri-lankais ont accosté sur l’île. Pour mieux comprendre leurs motivations et leurs espoirs, nos journalistes sont allés à la rencontre de familles sri-lankaises qui ont parcouru des milliers de kilomètres entassées sur des bateaux de pêche pour fuir leur pays. Parmi elles, certaines ont obtenu le statut de réfugié, d’autres sont dans l’attente d’une réponse à leur demande de droit d’asile. La famille de Vicky* est arrivée sur l'île en 2019 et a, depuis, obtenu le statut de réfugié.
Ecrit par Sophie Fontaine – le lundi 27 février 2023 à 12H13

Vicky*, sa femme et leur fille, sont arrivés à La Réunion à bord du troisième bateau de migrants en provenance du Sri Lanka en avril 2019, dans l’espoir d’une vie meilleure. Sans ressources, sans possibilité de suivre des études, sans emploi avant leur départ, le père de famille explique qu’il n’y avait aucun avenir pour eux dans leur pays, alors il a fait le choix d’embarquer avec sa femme et sa fille dans un navire à destination de la Nouvelle-Zélande.

 

“Je n’ai pas fait d’études, je n'avais pas de formation. Ma fille n’allait pas à l'école (...) je voulais quitter l’Indonésie", explique le père de famille qui poursuit : “Je ne connaissais pas notre destination, je ne connaissais pas La Réunion non plus. Quand on a quitté l’Indonésie, on ne savait pas exactement où l’on allait, sans être sûrs d'arriver quelque part, on est arrivés à La Réunion”.

Au bout de plusieurs jours de mer, leur embarcation rejoint La Réunion. Ils sont pris en charge par les services de la PAF (police aux frontières) et sont accompagnés par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) et diverses associations, notamment la Croix-Rouge, qui les aident à obtenir un logement, de quoi se nourrir et apprendre le français. S'ensuit une série de demandes administratives et de doutes. La famille est finalement autorisée à rester sur le territoire, sous le statut de réfugiée, et se reconstruit peu à peu.

"Ici, on peut sortir"

Vicky dit vouloir désormais assumer l’avenir de sa famille, malgré la barrière de la langue. Il commence à travailler dans le pain auprès d’un entrepreneur bilingue anglais. Un emploi qui a pris fin en raison de la crise Covid. Le père de famille explique que malgré le désir d’un second enfant, le couple a attendu d’avoir une situation stable avant de concrétiser ce projet.
 
En parallèle de l’éducation du petit dernier, sa femme continue de suivre des cours de français pour mieux appréhender l’avenir. 

Quant à leur fille, du haut de ses 10 ans aujourd’hui, elle confie être ravie d’avoir été scolarisée. En trois ans, elle a appris à lire et parler en français.

Malgré le manque de ses grands-parents restés au Sri-Lanka, elle se dit consciente que “la vie est meilleure ici” pour elle."Je préfère ici parce que là-bas, on était tous dans un endroit. On était que dans une chambre. C’est mieux ici je trouve. (...) Ici, on peut sortir. Avant, ce n’était pas comme ça", confie-t-elle.

Férue de mathématiques et de dessin, elle rêve désormais de devenir architecte. Son père, lui, compte suivre une nouvelle formation. Il envisage plus tard d’ouvrir un commerce dédié à la culture tamoule, un jour.

*Nom d'emprunt

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