Cette proposition de loi du groupe Liot qui fait trembler le camp présidentiel

Avec l'antagonisme systémique entre les différentes oppositions parlementaires qui refusent de s'accorder même lorsqu'elles sont d'accord, les 20 députés de ce groupe se voient attribuer le rôle de juge de paix au sein du palais Bourbon. Un rôle d'autant plus fort depuis que les débats sur la réforme des retraites ont débuté.
Le 8 juin prochain, à l'occasion de leur niche parlementaire, les députés Liot vont déposer une proposition de loi afin d'abroger l'âge de départ à la retraite à 64 ans. Une proposition de loi qui pourrait bien récolter la majorité et porter un coup politique au gouvernement.
Parmi les députés du groupe Liot, Nathalie Bassire porte la voix de La Réunion "où l'injustice de cette réforme est plus criante. Notamment pour les seniors qui ont la cinquantaine, sont en pleine capacité de travailler, mais ne sont pas embauchés."
Mais au-delà du cas réunionnais, la députée de la 3e circonscription souligne surtout n'avoir "jamais vu une telle colère dans le monde du travail. Il faut rétablir une sagesse démocratique." Une sagesse qui passera par les deux articles de la loi qui sera proposée : l'abrogation du départ légal à 64 ans et la tenue d'une grande conférence sociale sur le travail.
"Cette proposition de loi vise davantage à donner la parole au peuple qu'aux parlementaires. On n'a jamais vu un tel mécontentement et une telle colère. La loi ne tient pas compte de la réalité du travail. Nous sommes tous d'accord pour dire qu'il faut plus de justice dans cette loi", ajoute Nathalie Bassire.
La proposition de loi du groupe Liot devrait obtenir une majorité à l'Assemblée nationale, mais ne devrait pas être adoptée au Sénat où Les Républicains sont majoritaires. Pourtant, même si la loi ne sera probablement jamais adoptée, cela sonne comme une victoire pour la députée.
"Cela restera une victoire démocratique. Le Sénat votera ce qu'il votera, mais cela va changer la donne. Le 9 juin, on ne pourra pas faire comme si rien ne s'était passé le 8 juin. Le 9 juin, plus rien ne sera pareil et il faudra que le gouvernement envisage de gouverner autrement", assure-t-elle.
Une défaite symbolique que le camp présidentiel souhaite absolument éviter. Les débats vont bon train pour éviter cet affront et certains veulent profiter de la clôture des débats à minuit pour faire de l'obstruction parlementaire. "Ce ne serait pas du tout dans leur intérêt. Ils ont tellement reproché cela aux autres groupes", souligne Nathalie Bassire.
Mais bien que cette loi ne devrait jamais aboutir, "cette adoption, si tout se passe normalement, marquera la victoire du monde du travail", conclut l'élue.


