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Piéton mortellement fauché par un autobus : "L'accident était inévitable"

Le 5 mai 2022 à Ste-Marie, une piétonne était happée par un autobus à proximité d'un arrêt. La malheureuse se trouvait dans l'angle mort du chauffeur expérimenté, aux états de service sans aucun accroc depuis 38 ans. Le tribunal a mis la question de sa culpabilité en délibéré.
Ecrit par Isabelle Serre – le jeudi 20 avril 2023 à 18H01

Nicolas S., 57 ans, est chauffeur de bus depuis 38 ans. Aucun antécédent ne figure à ses états de service. Le 5 mai 2022, vers 18h20, alors qu'il allait s'arrêter à un arrêt où se trouvaient plusieurs personnes qui l'attendaient, le quinquagénaire a entendu un bruit sourd à l'avant gauche de sa machine. Quelques secondes auparavant, il avait vu une personne sur la gauche qui n'était pas en mouvement et les futurs passagers massés sur sa droite. Aucun danger ne semblait menacer alors qu'il roulait à moins de 30km/h selon les témoins.

Même si aucune expertise n'a été diligentée a postériori, il semble que la piétonne ayant succombé à ses blessures se soit soudain engagée sur la chaussée alors qu'il n'y avait pas de passage protégé à cet endroit. Placée dans l'angle du mort du chauffeur, la malheureuse n'a pu être vue par le conducteur et a été mortellement percutée. 

"L'accident est dans ma tête" explique Nicolas S. aux magistrats du tribunal judiciaire de St-Denis chargés de se prononcer sur cet homicide involontaire. Une poursuite pas assez caractérisée selon l'avocat du prévenu, Me Sébastien Navarro, invitant les juges à prononcer la nullité de la procédure. "Nous ne savons pas ce qui est reproché à mon client : la maladresse, l’imprudence, l’inattention, la négligence ou le manquement à une obligation législative ou réglementaire de prudence ou de sécurité" plaide la robe noire.

L'incident étant joint au fond, la défense a longuement expliqué, avec force arguments et photos prises sur les lieux dans les conditions de l'accident, qu'il était impossible pour le chauffeur d'avoir vu la victime et d'anticiper quoi que ce soit. De l'avis de la représentante de la société, il y a tout de même eu "une violation de priorité au piéton". "Il n'y a pas eu de violation puisqu'il n'y avait pas de passage piéton et que personne n'a vu la septuagénaire s'engager sur la chaussée, a argumenté le conseil. L'accident était inévitable, je plaide la relaxe".

Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 9 mai prochain.

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