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Le Port : Par jalousie, il la bourre de somnifères à son insu pour ne pas qu'elle sorte

Depuis quelque temps, les proches d'Yves* avaient remarqué des changements dans son comportement. Après 32 ans de mariage, son épouse voulait la séparation. Mais pour la garder près de lui, le sexagénaire a utilisé un stratagème mettant en porte-à-faux sa fille mineure.
Ecrit par Isabelle Serre – le vendredi 14 avril 2023 à 15H40

"Il la surveillait, il la suivait partout. Il avait cette volonté de contrôle total sur l’autre. Ça va loin dans l’emprise", commente la représentante de la société ce vendredi matin dans le cadre de l’audience correctionnelle. A la barre se trouve Yves, la soixantaine, qui s'y tient nonchalamment comme s’il se trouvait à la boutique.

L’homme encourt trois ans d’emprisonnement et 45.000 € d’amende pour avoir tenté d’empoisonner son épouse. Plusieurs fois, la malheureuse s’est retrouvée soudainement endormie après avoir bu un café ou une bière. Mais personne ne se doutait de ce qui se tramait au coeur du domicile familial. 

Personne, sauf peut-être leur adolescente à qui le prévenu avait confié deux pochons dans lesquels se trouvait de la poudre blanche. Depuis quelque temps, Yves avait un comportement bizarre remarqué par ses proches. En instance de divorce après 32 ans de mariage, il vivait extrêmement mal la situation. "Ta mère t’a confisqué ton téléphone ? Donne-lui ça et tu vas voir, elle va dormir. Pendant ce temps, tu le récupéreras".

Entendue en tant que témoin, la jeune fille avait confirmé qu’elle avait vu son père par trois fois mettre de la poudre blanche dans les breuvages de sa mère. Placé en garde à vue, le mis en cause avait expliqué qu’il était "jaloux", et qu’il ne voulait pas que sa femme sorte. Aussi, il passait des comprimés de Zolpidem, un somnifère hyper puissant, au pilon et glissait secrètement la poudre dans ce que celle-ci buvait.

" J’étais dépassé", indique Yves au tribunal ce vendredi matin, reconnaissant partiellement les faits. "Vous vous rendez compte de ce que vous avez mis sur les épaules de votre fille de 13 ans ? C’est elle qui doit protéger sa mère de vous", tance Domitille Descampiaux pour le ministère public.

Deux ans de prison avec sursis et une interdiction de contact avec l’adolescente et sa mère ainsi que des soins psychologiques ont été requis par le Parquet.

Après en avoir délibéré, c’est 1 an de prison avec sursis probatoire, une obligation de soins, l'obligation d’indemniser la victime et l'interdiction de contact avec l'ex-épouse qui ont été prononcés par le tribunal.

*Prénom d'emprunt

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