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Ecstasy et cryptomonnaie : Le complice de la tête de réseau présumée reste en liberté

Antoine N. soupçonné d'avoir participé à un des plus importants trafics d'ecstasy envoyé de métropole par colis postaux a convaincu les magistrats de la chambre de l'instruction de le laisser en liberté pour la suite de l'enquête où quatre personnes, la tête de réseau et trois Réunionnais, ont été incarcérés.
Ecrit par Isabelle Serre – le mercredi 19 avril 2023 à 14H50

Le 5 avril dernier, deux Parisiens de 28 ans ont été mis en examen dans une affaire de trafic de stupéfiants entre La Réunion et la métropole. 67 colis auraient été acheminés sur l'île avec la complicité de trois suspects également inquiétés le mois dernier. Ces interpellations et le transfert de François-Xavier D. et d'Antoine N. au palais de justice de Champ Fleuri depuis Paris font suite à une enquête menée sous commission rogatoire par les gendarmes de la compagnie de St-Benoît réalisée conjointement avec ceux de métropole depuis 2021. 

Une procédure initiée suite à l'interception de 25 colis par les douanes qui contenaient de la MDMA. 20.000 cachets auraient ainsi transité grâce à un système très complexe et difficilement traçable, selon une source proche du dossier : Des adresses fictives, des faux documents d'identité, des cartes SIM trafiquées et des cartes PCS pour se faire payer les colis, le tout transformé en cryptomonnaie.

À la tête de cette entreprise qui pourrait lui coûter plusieurs années de prison, François-Xavier D., un Réunionnais installé depuis quelques années en métropole. Grâce à ses contacts dans le département il aurait trouvé des correspondants dans l'île à l'instar de Youssouf et Mohamed A., deux frères, et de Karim B. Quant à Antoine N., issu selon ses dires d'une famille aisée, il louait un des appartements familiaux à celui qu'il croyait se prénommer Thomas. Une location payée en cash et sans contrat qui pourrait constituer un blanchiment.

Lors de sa garde à vue, Antoine N. aurait déclaré ne rien connaître des activités de son locataire. Mais à y regarder de plus près, les deux mis en cause passaient beaucoup de temps ensemble dans le fameux appartement où trônaient des éléments qui pouvaient aisément s'apparenter à un juteux trafic. "Vous êtes naïf ou complice", a lancé le président de la chambre de l'instruction que les arguments développés par le mis en cause ont pourtant convaincu de la laisser sous contrôle judiciaire.

Antoine N. a reconnu être allé récupérer des fonds pour le compte de son locataire, avoir utilisé des cartes SIM et organisé des soirées mais sans pour autant connaître la nature du trafic évoqué comme de "l'import export" lors des conversations interceptées par les enquêteurs.

"Il est impliqué dans la sphère logistique, a résumé la représentante de la société et risque de dissimuler des preuves d'autant que l'autre mis en cause a refusé de remettre les codes de son téléphone aux enquêteurs et garde le silence. Le placement en détention requis par le parquet général n'a pas emporté l'adhésion de la cour.

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