Vol de moto : "Je suis juste complice, j'ai juste coupé les fils"

Au final, les faits sont simples. Deux jeunes profitent des épreuves du Bac pour voler une moto dans un lycée. Le mineur la récupère et la sort, le majeur la démarre et part avec le 28 mars dernier aux Avirons. Le plus intéressant est, vous l'aurez compris, le positionnement du prévenu. Il n'en démord pas, il n'a pas volé. D'ailleurs, il le dit haut et fort : "Je suis un ancien délinquant". Un ancien délinquant avec un casier de 10 mentions au casier en direct ligne du tribunal pour enfant. Il est sorti d'une longue peine de prison il y a peu suite à la mise à exécution de ses sursis afin d'épurer son casier maintenant qu'il est majeur. Ne lui reste que 10 mois de sursis qui, suite à ce vol, sont mis à exécution.
À ce titre, "vous savez ce que c'est un sursis ?" questionne le président. "Oui, c'est ce qu'il y a au-dessus de moi", répond-il sourire aux lèvres. "Faut arrêter de couper des fils monsieur si vous n'êtes plus un délinquant", insiste le magistrat. "J'aime ça aussi, j'aime la moto", conclut le prévenu désabusé qui finit par s'excuser et proposer de rembourser les dégâts : "Je regrette, c'est à cause de mon mauvais passé".
Pour la procureure, "ils y vont tous les deux, et sans lui, la moto n'aurait pas pu démarrer. Il est en récidive et a déjà été accompagné par la justice. C'est dommage qu'il titille la prévention", tance le parquet qui demande 6 mois de prison, la révocation de totale du sursis en cours ainsi qu'un mandat de dépôt.
"Mon client a un rôle relativement mineur et c'est le seul qui est présent devant vous aujourd'hui. Ce n'est pas lui qui entre et qui sort la moto. Il a un passif important, mais il y a une prise de conscience, il faut le prendre en compte", répond la défense.
Après délibération, le prévenu est reconnu coupable. Il est condamné à la peine de 9 mois de prison assortis d'un mandat de dépôt, plus les 10 mois mis à exécution. "Cette fois, je vais rester tranquille parce que la dernière fois, en détention c'était un peu de la merde", lance le prévenu avant de rejoindre la geôle.


