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Pompes funèbres : Dans le business d'Harmonie, tout était faux

Les anciens dirigeants de la société Harmonie Pompes Funèbres ont été poursuivis et condamnés pour avoir exercé sans agrément, avec des véhicules dont les attestations de conformité étaient falsifiées ainsi que les cartes grises. Pour un de ses clients, le CCAS de St-Denis, le couple de gérant fournissait des cercueils à bas prix et facturait au prix fort.
Ecrit par Isabelle Serre – le dimanche 9 avril 2023 à 17H25

Ludovic H. qui voulait faire carrière comme son père dans le domaine des pompes funèbres est définitivement hors-jeu. D’ailleurs, au moment de son installation en métropole, il avait espéré pouvoir reprendre une activité, mais, selon ses dires, en tapant son nom sur Internet, les employeurs éventuels étaient découragés de l’embaucher.

Il faut dire qu’entre 2012 et 2017, le business des pompes funèbres à La Réunion via la société Harmonie Pompes Funèbres (HPF) a été entaché par plusieurs malversations. C’est en 2016 qu’une société de pompes funèbres concurrente dénonce HPF à la suite de l’obtention par ces derniers du marché de prestations du CCAS  - Centre communal d'action sociale - de Saint-Denis. Celui-ci consistait à prendre en charge les personnes indigentes lors de leur décès.

Les prix extrêmement bas pratiqués par HPF avaient mis les autres sociétés du marché en alerte. À l’issue de cette plainte, une enquête préliminaire avait été ouverte concernant les Pompes Funèbres Marbrerie Hoarau, société créé en 2012 et liquidée en 2016, et à sa suite HPF, dirigée par la compagne de Ludovic H.

Si la trentenaire était dirigeante sur le papier en réalité, c’était le conjoint qui était gérant de fait. Les malversations ont commencé avec la première société et se sont poursuivies dans la deuxième. Pour prétendre au marché du CCAS Harmonie devait obtenir un agrément préfectoral, notamment pour le transport des corps.

En 2015, des documents avait été déposés à la préfecture et retransmis obligatoirement tous les ans. Des documents qui concernaient différents critères : la conformité des véhicules de transport, le nombre de salariés dans l’entreprise, la formation du personnel...

Mais il s’avère que Ludovic H. et Laura S. ont fourni de fausses attestations de formation. Les véhicules d'HPF n’étaient pas adaptés, ce qu’ils ont réussi à masquer en falsifiant les cartes grises. Tout comme la conformité des voitures dont les attestation fournies par le cabinet Veritas, censé vérifier leur conformité, étaient fausses.

Enfin, pour le CCAS, des cercueils standards étaient facturés au prix des cercueils hermétiques. Le CCAS avait d'ailleurs été soupçonné d’être de mèche avec le couple et de toucher des pots de vin. Entre-temps, une information judiciaire avait été ouverte et le dossier placé entre les mains d’un juge d’instruction disculpant le centre communal.

Le couple jugé devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis vendredi dernier a reconnu tous les faits qui lui étaient reprochés. Les intéressés ont  expliqué qu’ils avaient été contraint procéder à ces falsifications et l'élaboration de ces faux documents afin de se placer sur un marché particulièrement concurrentiel.

L’avocate des prévenus, Me Céline Cauchepin, a confirmé dans sa plaidoirie que le marché des pompes funèbres à la Réunion était extrêmement verrouillé. Ceci étant préjudiciable pour les autres prétendants tentés de trafiquer pour pouvoir exercer.

Un an de prison avec sursis et 15 000 € d’amende pour chacun des mis en cause ont été requis par la représentante de la société.

Le tribunal a partiellement suivi ces réquisitions. Un an de prison avec sursis a été prononcé à l'encontre du couple ainsi que 5000 € d’amende donc 4000 avec sursis pour chacun. Ludovic H. et Laura S. ont interdiction définitive d’exercer une activité dans le domaine des pompes funèbres et sont exclus des marchés publics pendant trois ans. Le CCAS sera indemnisé solidairement à raison d’environ 10 000 € pour le préjudice subi.

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