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Bientôt jugé pour le viol de sa fille, le fonctionnaire territorial est accusé par d'autres mineures

Bientôt jugé devant la cour criminelle, un quinquagénaire comparaissait ce mardi devant la chambre de l'instruction afin de retrouver la liberté en attendant son procès. Il encourt 20 ans de réclusion pour le viol de sa fille mineure, celui d'une de ses compagnes ainsi que des agressions sexuelles sur de très jeunes filles scolarisées dans un établissement du sud où il exerçait.
Ecrit par Isabelle Serre – le mercredi 26 octobre 2022 à 15H03

Plutôt bon chic bon genre, Jacky R. n'a pas le look de ceux qui s'assoient régulièrement sur le banc de la chambre de l'instruction pour demander à être remis en liberté. Mais on ne se fiera pas aux apparences de cet homme de 55 ans, jean et chemise bleue bien repassée et lunettes assorties de bon goût. 

En détention provisoire depuis septembre 2021, ce fonctionnaire territorial est accusé de viol par sa fille mineure. En 2008 déjà, l'adolescente avait porté plainte dans une brigade de gendarmerie de l'extrême sud du département. Sa plainte avait été classée sans suite. Mais la jeune fille à qui le père aurait demandé des faveurs quand il en assurait la garde certains week-ends ne s'était pas avouée vaincue. Devant des films pornographiques, son père la forçait à l'embrasser puis exigeait qu'elle vienne dormir dans son lit où il lui imposait des fellations, se gardant bien d'aller plus loin pour "ne pas laisser de traces" résume le président de la chambre de l'instruction ce mardi matin.

L'accusé qui encourt 20 ans de réclusion criminelle ne bronche pas à la lecture des faits qui lui sont reprochés. Des faits qu'il a toujours réfutés en bloc. Tout comme les autres accusations dont il fait l'objet, portées par certaines élèves, mineures elles aussi, de l'établissement scolaire dans lequel le quinquagénaire exerçait. Plusieurs d'entre elles, dont certaines très jeunes, ont décrit des regards pervers, des regards insistants et des comportements inadaptés à leur égard. "Il m'a demandé de venir en cours avec une tenue transparente pour qu'on voit mes sous-vêtements. Il m'a dit de venir le voir pour que je lui montre", témoigne une adolescente dans le cadre de la procédure ouverte en septembre 2021 pour viol sur mineure de 15 ans, viol sur concubin et agression sexuelle. Entendue comme témoin, une ex-compagne aurait décrit à son tour des pratiques sexuelles non consenties.

Economie du consentement

Mais pour Jacky R., rien de cela n'est vrai. Victime d'un burn-out professionnel fin 2020, ces allégations seraient le fruit d'un complot. Une façon de voir les choses que n'a pas manqué de fustiger la représentante du parquet général, soulignant un comportement similaire dans la sphère familiale et professionnelle. "Plusieurs compagnes ont le même discours, celles de femmes dont le compagnon fait l'économie de leur consentement", résume Emmanuelle Barre. L'avocat générale a proposé aux magistrats de l'instruction de refuser la demande de remise en liberté du violeur présumé, une demande déjà retoquée par le juge des libertés et de la détention de Saint-Pierre, décision dont le mis en cause a fait appel.

Invoquant un casier vierge et aucun contact avec les victimes, l'avocat de Jacky R., Me Gabriel Odier, s'est montré étonné face aux arguments du parquet général. "Il n'y pas de témoin direct des faits dans cette affaire. Que mon client encoure une lourde peine ne justifie pas qu'on le laisse en prison pour l'instant. Il s'est toujours présenté aux convocations de la justice". Ce à quoi le ministère public a répondu de façon cinglante, rappelant que dans les affaires de viol, il y avait "rarement des témoins directs".

Après y avoir réfléchi, les juges de l'instruction ont choisi de laisser l'accusé attendre son procès en prison

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