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Atypique : Il vole deux cars et un utilitaire pour s'héberger

Une affaire quelque peu surprenante a été jugée ce lundi dans le cadre de la comparution immédiate. Si les faits sont simples, le profil psychologique a retenu l'attention du tribunal.
Ecrit par Régis Labrousse – le lundi 31 octobre 2022 à 18H08

Jean V., 37 ans, comparaissait pour des faits de vol de deux cars de transport de personnes et d'un utilitaire. Fait assez rare, il a rendu les deux cars qu'il avait pris chez son ancien employeur aux mois de juillet et août derniers. Des véhicules qu'il a utilisé pour transporter des bidons d'eau, a-t-il affirmé.

Pour l'utilitaire, il a volé un "Partner" neuf et, pour ne pas être ennuyé, a aussi volé des plaques d'immatriculation sur une voiture. Il a été interpellé le 28 octobre dernier car des riverains se sont plaints d'une voiture présente depuis 15 jours avec une personne qui dormait dedans. Entre temps, il a mis 5.300 kms à la voiture en trois semaines. Ce qui interpelle le tribunal, c'est son profil psychologique. Il a quitté son travail et a ensuite perdu son logement en février dernier. Ensuite, alors qu'il a de la famille qui peut l'accueillir et veut l'aider, il est devenu SDF.

À la barre, il ne veut ou ne peut parler. Il reste immobile, silencieux et respectueux. Il reconnaît les faits mais ne s'explique pas. Par exemple, lorsque la présidente lui demande s'il a des enfants, il répond : "Oui, 14 et 16 ans, mais ils font leur vie." Elle tente de comprendre pourquoi il ne s'adresse pas à sa famille qui peut lui venir en aide. "J'essaye de me débrouiller", déclare-t-il.

Il reconnait simplement être un peu perdu après que son avocat ait insisté plusieurs fois sur la question : "Vous vous rendez compte que vous êtes un peu paumé quand même ?"

"J'ai espéré avoir des réponses au regard de ces faits qui interrogent. Ce sont peut être des vols utilitaires pour s'héberger mais ces interrogations restent en suspens. C'est un dossier triste et étrange", indique le parquet qui requiert une peine de 6 à 8 mois de prison dont une partie avec sursis probatoire ainsi que le maintien en détention pour la partie ferme.

"C'est un dossier atypique et curieux", répond la défense. "Il y a une mise l'écart depuis un certain temps. C'est un cas atypique car son aspect psychologique pose problème. Il a surtout besoin du sursis probatoire. La peine est le plus difficile pour le tribunal", plaide la robe noire qui sera entendue.

Le prévenu est condamné à la peine de 8 mois entièrement assortis d'un sursis probatoire et l'obligation de se domicilier chez sa mère. 

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