Trou d'eau : La conductrice d'une DS 3 tuée sur le coup, la faute à un airbag défectueux ?

C'était quelques semaines après l'accident qui a coûté la vie à la Réunionnaise Emmanuelle S., 39 ans, vraisemblablement victime de l'explosion de l'airbag de sa DS 3 sur la route de Trou d'eau à la Saline-les-Bains. Ce 20 septembre 2021, la notaire de profession se rendait à son cabinet. À cause d'un cabri qui traversait la route, le véhicule qui se trouvait devant elle avait brusquement ralenti. En décélérant à son tour, la mère de famille qui roulait à 50km/h l'avait légèrement heurté. L'airbag s'était déclenché et la trentenaire avait été tuée sur le coup.
Alors que son véhicule était très peu endommagé, les deux airbags s'étaient donc déclenchés, allant jusqu'à provoquer l'ouverture du hayon. La piste de l'airbag défectueux avait été suivie et une enquête ouverte à la demande de la procureure de la République de Saint-Denis. "Nous avons été dans l'incompréhension jusqu'à ce que l'on se rende compte que ce n'était pas le premier accident du genre" témoigne la maman de la victime.
Plusieurs articles de presse dans le monde évoquent en effet un problème de gonflement du corps de l'airbag notamment dans des zones où la température et le taux d'humidité sont élevés. Un cocktail mortel qui peut transformer les airbags fabriqués par l'équipementier japonais "Takata" en de véritables bombes à retardement qui finissent par exploser, projetant des fragments métalliques au visage du conducteur. Et ce, même en cas de choc mineur. À La Réunion, 7.208 DS ont fait l'objet de plusieurs campagnes de rappel.
La lettre de rappel du véhicule arrive un an après l'accident
Emmanuelle avait acquis sa DS 3 neuve chez un revendeur dix ans avant l'accident. Les résultats de son autopsie ont indiqué qu'elle avait succombé à un traumatisme facial, "à tel point que l'on n'a pas pu lui faire nos adieux", précise avec émotion sa maman.
Après avoir vécu le pire, la famille éprouve aujourd'hui une vive colère. Le 11 août 2022, quasiment un an après la tragédie, une lettre recommandée avec accusé de réception est arrivée à leur domicile. Il s'agissait d'une lettre de rappel indiquant qu'il fallait ramener le véhicule sous quinzaine afin de vérifier l'équipement.
"C'est un quasi aveu de responsabilité, tance la maman. La réception de cette lettre conforte l'hypothèse selon laquelle ma fille est morte à cause de négligences à répétition".
Dans le cadre de l'instruction de ce dossier par le parquet de Saint-Denis, des expertises ont été diligentées afin de déterminer les responsabilités et faire toute la lumière sur cette mort accidentelle. Emmanuelle roulait sans doute dans un tombeau sans le savoir. "Pourquoi les campagnes de rappel sont-elles si discrètes alors que pour de la nourriture contaminée, tout le monde est au courant ?", questionne légitimement la famille.
Car concernant les airbags Tataka, il est question de scandale mondial avec 100 millions de pièces défectueuses rappelées par les constructeurs automobiles.
Fondée en 1933 au Japon, la marque du même nom était devenue un des premiers groupes mondiaux dans le domaine des coussins et des ceintures de sécurité. Mais en 2014, accusée d'avoir caché l'existence d'un défaut majeur dans ses produits qui avaient été reconnus responsables d'une vingtaine de décès et de centaines de blessures dans le monde, l'entreprise avait fait faillite.
Ce 11 août 2022, soit près d'un an après sa mort, la conductrice a reçu à son domicile un courrier de rappel de la marque DS France. C'est donc sa famille qui a découvert ce courrier :


