Emeutes à Cambuston: Les habitants racontent


Aujourd'hui, personne n'est allé travailler dans la famille. Et pour cause: les trois voitures de cette famille sont inutilisables. Elles ont toutes été saccagées par les jeunes hier soir. La plus abîmée, celle du fils de 20 ans, était toute neuve. "Cela faisait un mois que je l'avais", explique le fils qui souhaite garder l'anonymat.
"On était au Port et on est rentrés vers 18h30", explique Marie-Andrée. "C'est là qu'on a vu qu'il y avait des jeunes qui se bagarraient du côté du centre municipal. A 19h30, ils sont rentrés chez nous et ils ont tout cassé : le portail et les trois voitures". A son tour, Marcel, le père raconte : "ils ont défoncé le portail à coups de pierres, de parpaing et avec tout ce qui leur tombait sous la main. On s'est réfugiés dans la maison pour esquiver les projectiles".
Trente jeunes se déchaînent dans leur cour
Une trentaine de jeunes, alcoolisés et drogués, se déchaîne. La famille ne comprend pas pourquoi les attaques les ont personnellement visés. Pour les deux enfants, seule la jalousie explique cette agressivité. " Trois autres familles ont été victimes et à chaque fois les voitures étaient neuves!", analyse l'aîné des deux garçons. Marcel précise : "un des jeunes est venu demander à mon fils de les rejoindre. Il a refusé alors il lui a donné un coup de tête".
A minuit, ça s'est calmé. Mais il aura fallu l'intervention des forces de l'ordre, et du GIPN. Ce matin, plus aucune trace de ces affrontements. La mairie avait déjà tout nettoyé. Reste la peur des habitants du quartier. "La mairie n'est même pas encore venue nous voir", regrette Marie-Andrée.
Peur des représailles
"Ca fait 35 ans que nous habitons là mais on n'a jamais vu ça!", explique Marcel. Dans le quartier, les gens ne veulent pas parler. Ils ont peur des représailles."Ici, tout le monde se connaît", précise Marie-Andrée. "On sait exactement qui a fait ça...mais ils ne sont peut-être pas solvables". Ces jeunes, ils les voient traîner depuis plusieurs années dans le quartier. Sans occupation.
La famille n'est donc pas allée travailler aujourd'hui. Il faut remettre un peu d'ordre dans la cour et aller porter plainte. Dans la discrétion. Même à leur famille au Port, ils n'ont encore rien dit. Pour ne pas qu'ils viennent les venger...


