Des permis de construire délivrés à Sainte-Suzanne laissent dubitatifs

C’est typiquement ce qui se passe à l’endroit de trois chantiers qui ont cours à Sainte-Suzanne.
Commençons par celui de la future station-service dans le secteur de la Marine, au lieu-dit ravine Fotaque, nous précisent même les fins connaisseurs du coin. C’est là que s’attèlent des ouvriers depuis quelques mois.
Plus loin, à hauteur du pont Malheur, c’est le chantier d’un Mc Donald’s qui est en route. Dans les deux cas, les interrogations des Sainte-Suzannois qui ont de la mémoire se bousculent.
"Ces constructions se font sur des zones que l’on a vues par le passé inondées. La preuve : ils ont dû installer un système de pompage de l’eau pour assécher la tranchée (voir la vidéo)", s'en souviennent nos interlocuteurs. "Pour le Mc Do, en début d'année, toute cette zone était inondée. Nous aimerions savoir qui a donné l'autorisation de faire cela", ne manquent-ils pas de relever la supposée incohérence d’avoir attribué des permis de construire dans ces secteurs où l’eau fait apparemment son lit.
Tout est conforme selon la mairie
Sollicitée, la mairie de Sainte-Suzanne nous répond. Elle souhaite lever toute ambiguïté face aux impressions visuelles de certains de ses citoyens qui connaissent bien ces secteurs en période de fortes pluies.
"Ces deux constructions ont été régulièrement autorisées par deux permis de construire en date du 15 juin 2021 pour la station-service et du 3 septembre 2020 pour le restaurant Mc Do, conformément aux règles fixées par le Plan local d'urbanisme approuvé par le conseil municipal", nous répond la mairie de Sainte-Suzanne.
"Par ailleurs, les deux terrains d’assiette ne figurent pas en zone inondable par le Plan de prévention des risques naturels (PPRN) approuvé par arrêté préfectoral le 26 juin 2015, et ne sont concernés par aucun autre risque naturel", ajoute la mairie.
Toujours selon le service urbanisme, "ces deux permis n’ont fait l’objet d’aucun recours dans les délais impartis, tant de la part du contrôle de légalité que des tiers ayant intérêt à agir". En effet, pour qu’une décision administrative soit contestée, le citoyen qui s'estime concerné doit porter son recours devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de la publication de l’acte administratif incriminé.
La troisième construction en cours a quant à elle le don d’irriter des riverains. "Quand à l'époque il avait été demandé la création d'une entrée et d'une sortie du parc d’activités de Commune Bègue directement depuis la quatre voies, ça avait été refusé parce qu’il n’y avait pas la distance de sécurité requise et aujourd’hui, comme par miracle, pour une station-service, c’est possible !" s’étonne l’un d’entre eux. Sollicité sur ce point, la direction de la DRR n’a pas donné suite.


