« Izoria et l’arbre magique » : faire de ses doutes une force

Son premier titre emmène le jeune lecteur dans un univers merveilleux qui voit des personnages aussi sympathiques que téméraires lancés au cœur d’une aventure palpitante. Le scénario finit par prouver que sagesse et amitié triomphent toujours du mal. Cette accroche, Aïcha Mounichy pourrait se l’approprier tant son parcours a été semé d'embûches.
Mais c'est donc à travers le personnage d'Izoria que ses peurs seront vaincues dans cet ouvrage. Izoria va entrer dans une forêt dans laquelle on l’avait pourtant prévenue de ne pas aller. Mais elle est têtue malgré la mise en garde de son frère. Elle franchit le pas et rencontre sur son passage des créatures qu’elle ne s’attendait pas à voir. C’est à partir de cette rencontre avec l’arbre que sa vie va changer. Rien ne sera comme avant, lance l’autrice en guise de premiers pas vers l’intrigue.
Son premier pas vers l’écriture, Aïcha Mounichy le doit à son envie, depuis enfant, d’aller à la bibliothèque mais aussi d'être curieuse. C'est aussi les contes indiens comme le Râmâyana tels qu’ils étaient transmis par son père. "Quand j’étais plus jeune, je lisais beaucoup de livres, notamment de Charles Perrault, Victor Hugo ou encore d'Hector Malot. Il y a eu aussi beaucoup de dessins animés qui m’ont inspirée, comme Rémi sans famille (adaptation du roman Sans famille d'Hector Malot justement), Princesse Sarah,… J’ai aussi travaillé auprès d’enfants. Si j'ai écrit ce livre, c’est pour leur donner envie de lire, de leur montrer aussi qu’une animatrice - puisque j’ai été animatrice pendant 5 ans au camping de l’Ermitage - avait écrit pour eux, finalement", explique celle qui a effectué la démarche de suivre une formation de langue des signes spécialisée pour les plus petits.
« L’arbre magique » est inspiré de ce que la nature nous offre de plus beau. "J’aime le bruit de la nature, d’un arbre, son côté reposant, d’où l’idée de mettre l’arbre en valeur. Ses branches, son feuillage,... c’est comme un souffle de vie. Sans les arbres, qu’est-ce que serait la terre ?" invite-t-elle les enfants à s’approprier cette histoire qui déborde d'imagination.
Son tout premier essai dans l’écriture a été l’occasion pour elle de jauger sa force malgré les difficultés.
"Quand j’écris, c’est un bonheur. Il ne faut pas avoir peur du ridicule, pas avoir peur de l’échec. Pourtant, quand on échoue, on se sent vulnérable, on est déçu mais il ne faut pas. Si j’échoue une fois, deux fois, je me dis que la troisième fois ça passera avec de la persévérance. Il faut aimer ce qu’on fait, arrêter de se poser des questions", conseille-t-elle, un peu comme sa première tentative auprès d’une maison d’édition, qui s’est avérée concluante.
"J’ai envoyé le texte à cette maison d’édition. Ma soeur m’avait suggéré d’envoyer à Jets d’encre. La personne qui s’occupait des jeunes auteurs m’a répondu deux à trois semaines après. Elle est revenue vers moi en me parlant d’'un contenu fabuleux'" qu’ils ont donc voulu éditer. Mais cet aboutissement ne fait pas oublier le chemin parcouru et les doutes.
"J’ai bossé sur l’écriture pendant un an. Il y a eu au moins huit brouillons. Et même, lorsque j’étais dans la maison d’édition, bien qu’ils me disaient que pour eux c’était 'ok', j’insistais pour revenir sur tel ou tel passage car je me disais : « ça ne va pas plaire... ». Des fois je ne savais même plus ce que je faisais. Et puis je me suis relevée en me disant que je n’avais pas fait tout ça pour rien", exprime-t-elle les doutes que rencontre tout auteur. "Au moins, je n’ai rien à regretter. Je peux dire que j’ai atteint mon but car je me suis fait confiance."


