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Révolutionner les valeurs et non les usages
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Ecrit par zinfos974 – le mercredi 15 juin 2022 à 16H48

Les élections passent et les questions essentielles, existentielles, vitales même, ne sont toujours pas évoquées.
Les faits sont pourtant clairs : Notre civilisation est en train de produire, la famine généralisée, la guerre mondiale. Son principal moyen pour y parvenir est d'anéantir le vivant pour le transformer en déchets.
Ce matin, je me suis rendu à une manifestation devant la Mairie du Tampon.
La Mairie du Tampon est un hérault du modèle de la politique publique qui accompagne notre autodestruction globale. Elle défend l'opinion d'une grande partie des citoyens.
La gouvernance libérale au pouvoir, adhère aux principes qui sont les leur et propose de travailler à l'intérêt commun par la croissance économique.
Cette logique ne surprend personne et peu se sentent concernés.
Une trentaine de manifestants sont présents.
Essentiellement des personnes à la retraite et uniquement issues des mouvements milantistes.
Difficile de mobilier un mardi matin.
Encore plus difficile de mobilier contre un projet qui entre dans des processus normaux consentis par les conventions et des idéologies publiques.
L'objet du mécontentement des manifestants est le projet "Parc du volcan" qui vient d'être voté au Conseil municipal.
Ce projet est une caricature du symptôme de notre civilisation.
La Mairie prévoit d'implanter dans un espace sauvage, un centre de loisirs à la Réunionnaise.
Un village artisanal, des espaces de restauration , des commerces, des manèges ,2 serres géantes (dont une d'espèces endémiques de basse altitude), des énormes tyrolienne ralliant le sommet du piton mitoyen, un centre équestre, 2 parking de 5000 places... le tout le plus écologiquement possible à Bourg Murat.
Développer un territoire, dans notre ère, cela signifie détruire les espaces sauvages, les polluer et les exploiter durablement.
Cette même opération répétée à toutes les échelles et dans l'essence de tous nos processus sociétaux aboutissent à l'anéantissement de la vie sur Terre.
Les instruments de Maloya sont posés dans un coin.
L'ambiance est détendue. La manifestation est avant tout symbolique et médiatique. Les organisateurs savent que leur voix sont inaudibles à l'intérieur.
Ils sont là pour communiquer sur leur arguments.
Autour, un dispositif de sécurité impressionnant est déployé. La manifestation a commencé à se faire entendre en entamant un Maloya engagé. Elle est encadrée par pas moins de 15 personnes.
Des policiers municipaux, des gendarmes qui prennent des photos des manifestants, des agents de sécurité et quelques personnes que j'ai identifié provisoirement dans mon esprit comme des nervis.
Je m'approche de l'un de ces derniers qui est en discussion avec des manifestants.
Je lui fais par de mon étonnement sur le dispositif de maintien de l'ordre déployé qui me paraît disproportionné. L'agent de médiation, le répond que c'est tout à fait normal.
Le travail des forces de l'ordre doit vraiment être d'une grande efficacité sur le territoire, s'il est normal de déployer un tel dispositif pour encadrer quelques retraités grognons. Un taux d'encadrement plutôt attendu dans les maisons de retraite.
Dans la manifestation, on s'est mis à discuter. Les sujets diverses tournaient autour de l'actualité militante et politique . Des petits groupes se formaient dans l'ensemble.Une conversation entre 2 autres manifestants, m'a interpellé.
Je résume les idées entendues faute de pouvoir me souvenir des mots exacts.
- "Je ne veux plus discuter avec ceux qui ne votent pas. Leur désintéressement politique est coupable"
-En effet, c'est pourquoi je trouve indécent qu'ils puissent se plaindre de leur situation après.
Ces 2 points de vue sont systématiquement défendus en réaction à l'abstention. Ils consistent à responsabiliser ou culpabiliser les citoyens qui rejettent les processus politique en les amalgamant à des individualistes ignares des devoirs civiques. A force d'entendre ces éléments de langage, sur les médias, j'ai fini par développer une sorte d'aversion envers ces théories qui me semblent douteuses.
Comment voter quand toute l'offre politique semble issue de pensées souffrantes toutes de la même forme de maladie mentale du Grand Déni??
Il devient normal de se positionner sur la théorie d'un grand remplacement dans le débat public.
Il faut augmenter le Capital ou le salaire, mais toujours toujours augmenter. Qu'importe notre réalité biologique, physique...
Ce Grand Déni est l'essence de toute offre politique.
Nous pourrions commencer à parler de responsabilité de l'électeur quand ce sujet sera abordé dans un débat politique d'envergure.
J'ai donc réagi.
S'en est suivi un échange riche entre mes 2 interlocuteurs improvisés et moi. Ils reconnaissent avec moi, l'urgence de la situation, mais si nous partageons les mêmes diagnostics, nos conclusions divergent drastiquement.
Ces personnes se présentent comme des progressistes et estiment qu'il faut protéger les plus démunis et améliorer la qualité de vie du citoyen. Leurs arguments sont teintés de morale : Dans cette souffrance globale, nous aurions le devoir de mieux distribuer les ressources et d'entamer la transition écologique.
Ce point de vue est pour moi, tout aussi délirant que celui des libéraux qui prône une croissance verte dans le cadre d'une croissance infinie.
Il est en effet moral de désirer le meilleur.
Mais de quel progrès parlent aujourd'hui les progressistes?
J'ai appris par la suite que mes 2 contradicteurs du jour étaient les candidats NUPES de ma circonscription.
De quel humanisme la gauche française est elle le nom?
Aujourd'hui, l'idéal porté par cette gauche est l'amélioration des conditions de vie du plus grand nombre par le partage. Un idéal en rupture avec le modèle libéral, donc qui cherche le même objectif par le libre marché.
Pour ma part, je trouve ces idéaux non désirables.
Les gauches françaises ont plutôt une vision défaitiste de notre possible.
Améliorer la qualité de vie pour le plus grand nombre, tout en maintenant notre rapport au monde, tout en y appliquant note taxominie actuelle est une impossibilité physique et une abomination en tant que telle
En effet, notre civilisation estime que plus on détruit la vie sur Terre, plus on rend nos écosystèmes impropres au maximum de formes de vie (dont notre espèce) , alors meilleure est notre qualité de vie.
Que nous utilisions une électricité décarbonnée ou pas est hors sujet.
L'homme n'est donc t'il plus capable de rêver ?
Je me sens proche des idées de la gauche sur bien des points, mais pas dans l'essentiel. Je suis radicalement opposé à leur projet sociétal et je voudrais pouvoir dire à chacun de ceux qui se qualifient de progressif ce qu'Orelsan chante:
"Rêve mieux, mieux qu’l’argent, mieux qu’le pouvoir, mieux qu’les deux, rêve d’être heureuse
Rêve mieux, mieux qu’l’argent, mieux qu’le pouvoir, mieux qu’les deux, rêve d’être heureux."
L'heure n'est plus à une astuce technique mais bien à refondation des contrats sociaux en tenant compte des contraintes imposées par le réel. Peut être, devrions nous laisser les artistes nous inspirer. Car, les élites des nos plus prestigieuses écoles, comme les cadres à responsabilités impactantes sont manifestement incapables de sortir des cadres conceptuels pour les réinventer.
Rêve mieux,plus fort, rêve plus loin, plus librement.
Pour vivre j'ai besoin d'un abri, de manger et de boire et de l'autre.
Pas de pouvoir d'achat. Le pouvoir d'achat est un moyen proposé par notre civilisation. C'est conventionnel, le pouvoir d'achat n'a pas de réalité autre que celle que nous avons convenue collectivement.
"Pour vivre j'ai besoin d'un abri, de manger et de boire et de l'autre. "Cette évidence est "une vérité universelle fondamentale".Tant qu'une société ne garantit pas à chacun de ces membres ce "droit universel d'existence", elle court vers sa propre destruction.
Nous nous disputons pour savoir dans quelle cabine nous serons quand le navire va sombrer.
Nous pourrions imaginer un meilleur, un progrès hors du cadre actuel et qui nous permettrait, à différentes échelles, de garantir à chacun la possibilité de vivre.
Nous pourrions alors commencer à parler de progrès.
Pour cela,
Rêve mieux, plus fort, rêve plus loin, plus librement. Rêves d'être heureu(x)se.
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