Une plume de chaleur s’abat sur la France

Alors qu’à la mi-mai, des températures extrêmes pour la saison ont été enregistrées en France, c’est une nouvelle vague de chaleur qui déferle sur l’Hexagone. Des températures comprises entre 35 et 38°C sont attendues sur la moitié Sud, dans un contexte de sécheresse, ce qui fait peser un risque important sur les récoltes. Cet épisode, lié à une dépression localisée entre les Açores et Madère qui favorise les remontées d'air chaud sur l’Europe occidentale, devrait arriver dès le 14 juin au soir sur l'extrême sud du pays, avant de s'étendre le 15 juin à toute la moitié Sud, jusqu'au week-end, selon Météo-France, qui note une incertitude concernant la moitié nord.
Cette forte chaleur sur plusieurs jours, dès la mi-juin, est « extrêmement précoce », a indiqué Frédéric Nathan, prévisionniste chez Météo-France. Le mercure est déjà monté très haut en juin par le passé, en particulier lors d'une des canicules de 2019 avec un record absolu pour la France métropolitaine de 46°C à Vérargues (Hérault), mais c'était à la toute fin du mois. « La très probable vague de chaleur en France débuterait le 15 juin et serait la plus précoce jamais observée », ajoute l’ingénieur.
Marqueur du changement climatique, les vagues de chaleurs se sont multipliés par 3 voire 4 depuis les années 90. Sur les 43 vagues de chaleur détectées depuis 1947, 9 ont eu lieu avant 1989, le reste depuis. Selon les experts, même dans un scénario optimiste de baisse majeure des émissions, le nombre de jours de vagues de chaleur ou de canicules devrait doubler d'ici la fin du siècle en France.
« Le déni de gravité n'est plus une option. Ne pas être à la hauteur est aujourd'hui irresponsable », a commenté le climatologue Christophe Cassou. Rappelons que la France se dirige vers une sécheresse historique. Après un hiver déjà très sec, un printemps parmi les trois plus chauds de l’histoire, l’été qui approche s’annonce chaud et sec, selon les nouvelles prévisions de Météo-France, contraignant des départements à mettre en place des restrictions d’usage de l’eau. Mais non, mais non, voyons, le changement climatique est une lubie d’apôtres du malheur…


