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Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : "Ubu à Kaboul"

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 27 mai 2022 à 09H02

Amina a 10 ans. Elle vit dans un camp perdu au milieu de la montagne afghane, à quatre heures de route de la ville d’Hêrat. Ses parents l’ont vendu, il y a trois mois, pour 2300 $ à un homme de 30 ans, qui va l’épouser. Sa mère explique, devant la caméra de France 2, que c’était la seule solution pour sauver de la faim les autres enfants de la famille. Et il y a aujourd’hui des centaines, des milliers d’Amina en Afghanistan.

En juillet 2021, 14 millions d’Afghans se trouvaient dans une situation d’insécurité alimentaire. En mars 2022, ils sont 23 millions à souffrir « de faim aiguë », selon un communiqué de Ramiz Alakbarov, représentant spécial adjoint de l’ONU et coordinateur humanitaire en Afghanistan. « La population afghane est aujourd'hui confrontée à une crise d'insécurité alimentaire et de malnutrition d'une ampleur sans précédent », précise le même diplomate onusien.

Les portes des écoles sont fermées aux petites filles de Kaboul, et d’ailleurs. Le savoir et la connaissance font peur aux talibans. Le savoir et la connaissance des petites filles de Kaboul et d’ailleurs effrayent l’obscurantisme des talibans.    

Au début du mois de mai 2022, le chef suprême des talibans a émis une “recommandation” selon laquelle les femmes devaient se couvrir entièrement en public, avec la burqa, un voile intégral doté d’une grille en tissu au niveau des yeux. Les présentatrices des principales chaînes de télévision, après 24h de résistance, ont du accepter le diktat des talibans.

Le ministre taliban pour la Promotion de la vertu et la Répression du vice a interdit aux imprimeurs de reproduire toute image d’un être vivant (hommes et animaux) car contraire, selon lui, aux prescriptions coraniques.
 
La communauté hazara (chiite), qui représente entre 10 et 20 % de la population afghane (à majorité sunnite), est l’objet de persécutions sanglantes de la part des talibans ou de leurs alliés : école, mosquée, hôpital, aucun lieu n’est épargné par la folie meurtrière des assassins.

Où sont-ils les simples d’esprits, les crétins, les idiots utiles qui, en août 2021, au moment de la chute de Kaboul et du piteux départ des troupes étazuniennes, nous expliquaient, sentencieusement, que les talibans avaient changé, que leur futur gouvernement serait inclusif, etc.

Autrement dit, on tentait de nous faire accroire qu’une nouvelle engeance était née : le taliban modéré. On ne nous a pas affirmé que les talibans avaient décidé de mettre de l’eau dans leur vin, mais on n’en était pas loin.       
Aujourd’hui, je pense à toutes les Amina d’Afghanistan et je désespère de l’être humain.

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