Prix de l'huile : L'OPMR "n'a pas les moyens d'agir"

En tant que consommateur, Jocelyn Cavillot, vice-président de l’OPMR, constate comme de nombreux Réunionnais "des pénuries ponctuelles sur un certains nombre de produits et des augmentations de prix sur des produits du quotidien tels que les laitages ou l’huile", mais la difficulté à établir des abus réside selon lui dans la fluctuation du prix des produits, et un manque de moyens pour procéder à des constatations concrètes.
“On sait qu'il y a un contexte lié à la désorganisation du fret maritime. Mais la difficulté est d’en connaître la part qui justifie l’augmentation du prix des matières premières”, explique -t-il.
Pour illustrer son propos, il revient sur des abus constatés sur des parpaings produits localement. “Les prix avaient été multipliés par deux ou trois,. Une augmentation injustifiée qui a été constatée en janvier-février, sur des donnés relevées en octobre-novembre dernier. Depuis, ça a encore changé. C’est très fluctuant, et c’est là toute la difficulté”.
Le baromètre du suivi des prix n’a aujourd’hui "pas abouti à régler cette problématique", déplore-t-il.
L’OPMR travaille également sur la liste du Bouclier Qualité Prix, en collaboration avec les services de la préfecture. Pour en revenir à l’huile, fortement plébiscitée par les consommateurs depuis plusieurs semaines, le produit figure sur la liste 2022 dévoilée le mois dernier. Une fois le produit inclus dans le panier BQP, “l’OPMR n’a plus vraiment de rôle, puisque l’on n’a pas les moyens de faire des contrôles”, regrette le vice-président de la structure.
Les contrôles sont alors effectués par les services de la DEETS. En clair, le fait de ne pas avoir cette bouteille d’huile en rayon peut faire changer le prix du panier BQP. “Ce que l’on a demandé c’est qu'au-delà d’un certain manque, il y ait des sanctions, ce qui n’est pas forcément prévu par les textes aujourd’hui".
Lorsqu’un produit du BQP est en rupture de stock, l’OPMR demande à ce qu’il soit aujourd’hui remplacé "par un produit de même nature". Mais si ce n’est pas le cas, il n'y a "pas de conséquence, sauf si c'est répété et suffisamment important pour les services de la DREETS s’en saisissent”, précise Jocelyn Cavillot.
L’observatoire des prix peut consulter le bilan des contrôles effectués par la DEETS, les éventuelles anomalies et sanctions relevées ou encore les recommandations, lors du bilan intermédiaire du dispositif, dressé à la fin du mois de juin.
Le nouveau président de l’OPMR ayant pris ses fonctions fin mars, la commission plénière devrait se tenir le 29 avril prochain. Des ateliers sont prévus dans la foulée. Ils concerneront l’eau potable, le fret, l’octroi de mer et les dispositifs de retour à l'emploi.
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