Nous, Pieds-Noirs, enfants de la guerre d'Algérie

natale, de fuir pour un exode cataclysmique devenu exil ad vitam aeternam, nous compatissons aux malheurs des Ukrainiens et sommes solidaires de ce peuple en souffrances.
Parce que nous savons le prix, lourd, de la guerre à payer, ses tragiques et dramatiques conséquences quand il s’agit de tout abandonner derrière soi, sans se retourner, dans un sauve-quipeut dantesque.
Quitter, sans rien d’autre qu’une valise en main, ce qui faisait le quotidien de gens normaux, leurs lieux de vie, leurs attaches,
leurs familles.
En 2022 nous n’avons rien oublié de l’été 1962 de peur, de larmes, de sang. Par conséquent nous souhaitons à ce peuple fier, digne, de retrouver au plus vite la paix, sa terre, ses demeures, ses racines et les voies complexes de la réconciliation.
Sincèrement car nous connaissons le poids psychologique de l’arrachement à sa terre.
Et même si comparaison n’est pas toujours raison, ce que nous avons aussi appris est que « Il est paraît-il des terres brûlées donnant pus de blé qu’un meilleur avril… » (Jacques Brel)
Eric Wagner, Alain Nivet, Pieds-Noirs de la Réunion, pour le
Collectif « Enfants de la guerre 54/62 »


