Mort d'Elianna : "Je suis le coupable idéal, pourtant je ne suis pas un homme violent"

Sévèrement recadré par le président de la cour d’assises qui lui rappelle qu’il a fait appel et qu’il est donc temps de prouver son innocence, l’accusé développe. Péniblement, il décrit les faits qui ont précédé la chute d’Elianna au sortir de sa sieste.
Il s’accroche au fait que celle qu’il nomme « la petite fille », et jamais Elianna, s’est dirigée vers lui en sortant de sa chambre avant de s’écrouler au sol. C’est lui aussi qui avait préparé le déjeuner des deux enfants de Pascaline Guilgori et débarrassé la table pendant que la mère de famille s’entretenait avec l’éducatrice spécialisée qui lui avait rendu visite ce matin du 28 mars 2018 pour lui annoncer que ses deux plus jeunes enfants allaient être placés.
Pour Cédric Babas, la coupable est la mère de l'enfant
Selon Cédric Babas, c’est sa mère qui était allée la coucher et ce serait donc elle qui aurait porté les coups provoquant plus tard la mort de son enfant. Pourtant, l’accusé affirme n’avoir entendu aucun cri de la part de la mère en colère ou de l’enfant frappé. « Ça vous parait pas invraisemblable ? » souligne Michel Carrue.
Lors de l'audience de ce jeudi, il a longuement été question de la personnalité de Cédric Babas au grand dam de son avocat qui aurait préféré que la cour se concentre sur le déroulé des faits. Un doute persiste en effet sur les instants où, au cours de cette funeste matinée, Pascaline Guilgori et Cédric Babas se sont retrouvés seuls avec l'enfant et auraient pu alors lui porter le coup mortel.
L'accusé a été décrit par l'expert psychiatre comme quelqu'un d'impulsif, d'instable voire psychopathique, sa consommation massive de stupéfiants ne venant rien arranger.
Des claques à son fils de 19 mois parce qu'il pleurait
Cédric Babas se considère cependant comme un homme "non violent" rattrapé par un passé judiciaire faisant de lui "le coupable idéal". Le trentenaire a été condamné en 2016 pour avoir donné des claques à son fils de 19 mois parce qu'il pleurait. Il a ensuite frappé l'enfant de deux ans d'une précédente compagne, et écopé d'une seconde sanction. Sans compter les violences sur ses différentes conjointes et les gifles reçues par Pascaline Guilgori avec qui il entretenait une relation "pour le sexe" mais dont il était jaloux. Mais pour "la petite fille", Cédric Babas répète encore et encore "qu'il n'a rien fait".
L'audience de ce vendredi reprendra avec le témoignage de Pascaline Guilgori.
Le verdict est attendu en fin de journée. Cédric Babas, 31 ans, encourt 30 ans de réclusion criminelle.


