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Mort d'Elianna : "Je suis le coupable idéal, pourtant je ne suis pas un homme violent"

Au premier jour de son procès en appel, Cédric Babas accusé d'avoir porté un coup mortel à la petite Elianna, 2 ans et demi, et d'avoir involontairement provoqué sa mort a clamé son innocence. Mais ses condamnations passées pour des violences sur son jeune fils et l'enfant d'une précédente compagne lui collent à la peau.
Ecrit par Isabelle Serre – le vendredi 25 mars 2022 à 06H10

Appelé à la barre, Cédric Babas s’agace vite. Le ton sur lequel  il s’adresse à la cour frise l’insolence. A moins que ce ne soit le style de cet homme au crâne rasé, polo clair et tatouage dans le cou. Au premier jour de son procès, interrogé sur les faits qui lui sont reprochés - avoir porté des coups mortels à Elianna, la fille de sa compagne de l’époque - il tente un « je me souviens plus ».

Sévèrement recadré par le président de la cour d’assises qui lui rappelle qu’il a fait appel et qu’il est donc temps de prouver son innocence, l’accusé développe. Péniblement, il décrit  les faits qui ont précédé la chute d’Elianna au sortir de sa sieste. 

Il s’accroche au fait que celle qu’il nomme « la petite fille », et jamais Elianna, s’est dirigée vers lui en sortant de sa chambre avant de s’écrouler au sol. C’est lui aussi qui avait préparé le déjeuner des deux enfants de Pascaline Guilgori et débarrassé la table pendant que la mère de famille s’entretenait avec l’éducatrice spécialisée qui lui avait rendu visite ce matin du 28 mars 2018 pour lui annoncer que ses deux plus jeunes enfants allaient être placés.

Pour Cédric Babas, la coupable est la mère de l'enfant

Selon Cédric Babas, c’est sa mère qui était allée la coucher et ce serait donc elle qui aurait porté les coups provoquant plus tard la mort de son enfant. Pourtant, l’accusé affirme n’avoir entendu aucun cri de la part de la mère en colère ou de l’enfant frappé. « Ça vous parait pas invraisemblable ? » souligne Michel Carrue. 

Un peu plus tôt, l’avocat de la défense avait demandé à la cour d’accorder un supplément d’information  et d’ordonner une nouvelle expertise du corps de la fillette de deux ans et demi. 

 
Me Fabian Gorce estime en effet qu’Elianna, conçue alors que sa mère souffrait du syndrome d’alcoolisation fœtale, avait le foie fragile, son décès pouvant donc avoir été provoqué par une chute matinale de l’enfant sur une pierre dans la cour du domicile maternel. Avant de se prononcer, la cour a souhaité entendre le rapport du médecin légiste et de l'expert médico-légal.

Un coup rageur de quelqu'un de très énervé
 
Le premier a indiqué formellement que pour mourir d’une fracture du foie en tombant, il aurait fallu qu’Elianna chute du troisième  étage. 
 
Le second a confirmé que la mort résultait d'un coup violent porté par un tiers entre une demie heure et deux heures avant le décès au niveau du bas du dos de l’enfant alors qu'elle se trouvait certainement couchée dans son lit. Un coup extrêmement douloureux pour la malheureuse qui, en se mettant debout, avait souffert d'un syndrome hémorragique du foie qui avait provoqué le décès.
 
L’expert a par ailleurs précisé que Cédric Babas, fort consommateur de stupéfiants y compris le matin des faits, aurait pu porter le coup et ne plus s'en souvenir. « C’était un coup rageur de quelqu’un de très énervé », en a conclu le médecin. 

Lors de l'audience de ce jeudi, il a longuement été question de la personnalité de Cédric Babas au grand dam de son avocat qui aurait préféré que la cour se concentre sur le déroulé des faits. Un doute persiste en effet sur les instants où, au cours de cette funeste matinée, Pascaline Guilgori et Cédric Babas se sont retrouvés seuls avec l'enfant et auraient pu alors lui porter le coup mortel.

L'accusé a été décrit par l'expert psychiatre comme quelqu'un d'impulsif, d'instable voire psychopathique, sa consommation massive de stupéfiants ne venant rien arranger.

Des claques à son fils de 19 mois parce qu'il pleurait

Cédric Babas se considère cependant comme un homme "non violent" rattrapé par un passé judiciaire faisant de lui "le coupable idéal". Le trentenaire a été condamné en 2016 pour avoir donné des claques à son fils de 19 mois parce qu'il pleurait. Il a ensuite frappé l'enfant de deux ans d'une précédente compagne, et écopé d'une seconde sanction. Sans compter les violences sur ses différentes conjointes et les gifles reçues par Pascaline Guilgori avec qui il entretenait une relation "pour le sexe" mais dont il était jaloux.  Mais pour "la petite fille", Cédric Babas répète encore et encore "qu'il n'a rien fait".

L'audience de ce vendredi reprendra avec le témoignage de Pascaline Guilgori.

Le verdict est attendu en fin de journée. Cédric Babas, 31 ans, encourt 30 ans de réclusion criminelle.

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