Marine Le Pen se présente comme la sauveuse de la filière canne

Marine Le Pen, candidate à l'élection présidentielle, consacre une visite de trois jours sur notre île dans le cadre de sa campagne. La filière canne, qui ne doit sa survie qu'aux subventions, ne peut être écartée par la candidate. La présidente du Rassemblement National a donc échangé plusieurs heures avec l'intersyndicale CGPER, une représentante de l'usine du Gol et un représentant de la Chambre de l'Agriculture. À l'entendre à la sortie de cette réunion de travail, Marine Le Pen aurait un programme en parfaite adéquation avec les attentes de la filière. "Ce qui est important dans une campagne présidentielle est de venir pour frotter le projet qui est le nôtre à la réalité de terrain qui est la vôtre. Il se trouve qu’il y a une adéquation totale entre le constat que nous avons fait, le combat que nous menons pour les agriculteurs et plus précisément pour le secteur sucrier et les attentes qui sont les vôtres. J’espère que vous tiendrez assez longtemps pour que nous puissions être élus afin que nous puissions vous apporter l’aide qui est nécessaire pour maintenir une économie qui est fondamentale pour l’île", précise Marine Le Pen.
Face aux journalistes, la candidate s'adresse d'abord aux planteurs. Vantant les efforts réalisés par la filière, la candidate qualifie ce secteur de l'agriculture réunionnaise comme "fondamental", en termes d'emploi et sur "le plan environnemental". "Si on parle d’économie circulaire, vous êtres proches de la perfection. Il faut que vous soyez récompensés de vos efforts. Au lieu de ça, vous êtes punis", déclare la candidate.
L'ancienne députée européenne s'en prend ouvertement à l'Europe et ses normes, évoquant une concurrence déloyale avec d'autres pays non européens. La candidate veut donner de la visibilité sur le long terme pour les investissements futurs et les jeunes voulant se lancer dans cette voie. "Vos concurrents ont un marché différent. Même les normes qui vous ont été imposées et même surimposées, on rajoute des normes aux normes européennes, doivent également être imposées à vos concurrents. Si non, il y a une concurrence profondément déloyale, il n’y a pas un secteur économique qui soit capable de survivre", conclut la candidate malheureuse à l'élection de 2017.
"Aujourd’hui, on a du mal à vendre notre sucre"
Présent à cette réunion, Jean-Michel Moutama, président de la CGPER (Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion), s'est dit "surpris" de la connaissance du dossier par la candidate. Refusant de donner une consigne de vote, Jean-Michel Moutama trouve normal de rencontrer une candidate à l'élection présidentielle de mai prochain se dit prêt à rencontrer d'autres candidats.
"Nous voulons expliquer la situation de l’agriculture à La Réunion et celle de la filière canne. Rappelons-le, cette filière est le moteur de l’agriculture réunionnaise et aujourd’hui elle se porte très mal. Elle est au bord du gouffre car des mesures européennes ont été prises : l’ouverture des marchés, une concurrence déloyale par rapport à d’autres pays non européens. Aujourd’hui, on a du mal à vendre notre sucre. Nos exploitations sont en péril", conclut le président de la CGPER.
Marine Le Pen, quant à elle, s'est présentée comme la sauveuse de la filière. "Il est important que les jeunes s’engagent dans la filière. Ils ne s’engageront pas s’ils sont sur un fil, si on leur dit cette année la compensation est là, mais pas l’année prochaine. Je n’aime pas le terme 'subvention', car on ne vous donne rien. En fait, on vous compense de quelque chose qu’on vous a retiré et d’une concurrence qu’on a créée bêtement", précise-t-elle encore.


