Olivier Hoarau donne une nouvelle grande orientation à la ville du Port tournée vers l'écologie urbaine

Concilier développement économique, épanouissement humain et préservation de l'environnement. La majorité portoise jette les bases de la ville qu'elle souhaite offrir à ses habitants et de la griffe qu’elle souhaite imprimer dans l’esprit de ses visiteurs.
Le premier étage de la fusée était mis au vote ce jeudi soir en conseil municipal. Olivier Hoarau parle pour cela de "deux grandes délibérations" lorsqu’il s’agit d’évoquer le vote du budget principal 2022 et l’affaire numéro 9 des "Orientations stratégiques d’aménagement et de développement durables".
Comme un clin d’oeil à l’un de ses prédécesseurs, Olivier Hoarau sort des archives le plan d'urbanisme directeur de 1971. Il fut voté dans ce même hôtel de Ville un 2 décembre, il y a un demi-siècle. "Cette délibération nous a éclairés pendant 50 ans", salue-t-il la vision de Paul Vergès mais il y a lieu de repenser ce schéma, selon lui, car "le rapport aux autres, le rapport avec les administrés et notre façon de construire ont changé".
Le budget 2022 est donc bâti pour matérialiser cette volonté à travers trois axes : celui d’une ville océan-portuaire, d’une ville résidentielle au service de ses habitants et celle d’une ville verte. Le programme d’aménagement du triangle de l'Oasis porte les traits de cette envie de combiner tous ces aspects. "Inédite par son approche et unique par sa programmation, le projet Campus Oasis vise à créer un nouvel environnement dédié aux savoirs, à la recherche et au tertiaire tout en proposant des logements étudiants, des espaces publics en contact avec un pôle de transports en commun", promet la réclame. Le tout en créant des cordons végétalisés connectés entre chaque quartiers. Cette vitrine "résolument tournée vers l'écologie urbaine", et actuellement en chantier (voir notre photo plus bas), le maire envisage d’ailleurs de la nommer Campus Paul Vergès. On en reparlera au moment du coupé de ruban.
Ce concept d'écologie urbaine, qui peut faire purement marketing à première vue, a aussi une autre finalité : celle d'infléchir un solde migratoire négatif depuis plus de 20 ans, selon les études menées en 2018 dans le cadre du PLU. Retenir une population qui travaille sur place, c'est aussi la constitution d'une assiette fiscale à moyen-long terme. A l'heure actuelle, 70% des personnes ayant un emploi au Port n'y résident pas. Soit autant de contribuables qui profitent à d'autres villes.
Des investissements sans hausse d’impôts
Dans le vert également, le tableau de bord financier présenté par le capitaine. La commune a pu se délester de 21,5 millions d’euros de dettes depuis 2014. "Notre taux d’endettement est passé de 78% à 41% aujourd’hui", affiche le maire, satisfait de "ne pas reporter sur les générations futures le poids de la dette". Au 1er janvier prochain, la dette de la commune s'élèvera ainsi à 26,8 millions contre 48,3 à sa prise de fonction.
"La situation financière est bonne" et permet au premier magistrat de lister l’ensemble des investissements qui sont programmés sur l’exercice budgétaire 2022, tant sur des travaux de proximité, comme la refonte de voiries, la stabilisation du niveau des subventions aux associations culturelles et sportives (4,9 millions), vis-à-vis des publics fragiles via les subventions au CCAS (4,8 M) ou encore de réhabilitation d’écoles. 19 millions d’euros sont inscrits en section d’investissement pour l’an prochain. "Une somme importante", qualifie Olivier Hoarau et à mettre en comparaison aux 64,8 millions en section de fonctionnement
Le bouclage de ce BP 2022 sera réalisé sans l'utilisation du levier fiscal que représenterait l’augmentation des taux des impôts locaux, promet la majorité municipale. Olivier Hoarau dit profiter de la plus-value foncière qu'acquiert le territoire portois et la cession de biens communaux pour alimenter les caisses de la collectivité.
Le 13ème mois des agents préservé
Ce conseil municipal de ce jeudi 9 décembre arrive aussi après un moment important qui s’est joué ce matin, a tenu à faire savoir le maire. "Le conseil technique s’est réuni et s’est prononcé sur le maintien des acquis sociaux des agents", rapporte-t-il. Si la décision a été entérinée à l’unanimité des membres du comité présents, le maire regrette "la politique de la chaise vide" des responsables syndicaux. "Quand on défend les acquis sociaux, la première des choses, c’est d’être présent !", fait-il passer le message.
La Ville a ainsi trouvé la parade pour faire perdurer la majoration salariale, communément appelée "13ème mois" des agents contractuels, en intégrant son versement dans leur traitement chaque mois au lieu d’un versement unique en fin d’année. Une décision prise sous la contrainte du gendarme des collectivités. En effet, la chambre régionale des comptes a rappelé à l’ordre la commune comme cela avait été le cas pour Saint-Denis dans les années 2010 qui l'avait accordée sous forme de prime. A la différence que pour le chef-lieu, c’est un contribuable qui avait porté l’illégalité de la décision du maire Gilbert Annette devant la cour administrative d'appel. Avec succès. Le maintien de ce 13ème mois, sous une autre forme donc, n’aura pas d’incidence selon le maire. "Notre masse salariale sera maîtrisée en maintenant les acquis sociaux", s'en félicite Olivier Hoarau.
Les perspectives de finances sont à ce point favorables que le maire entrevoit la réalisation d'une mesure chère à de nombreux maires : celle de la cantine gratuite pour leurs écoliers.
*33.300 habitants au dernier recensement



