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Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab: "Sauvons nos (futurs) enseignants !"
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Ecrit par zinfos974 – le mardi 1 juin 2021 à 12H44

J’ai longtemps cru en la volonté de la République de récompenser le mérite, le travail, le talent.
J’ai longtemps cru que l’ascenseur social, malgré sa vétusté, ses pannes de plus en plus fréquentes, fonctionnait encore.
J’ai longtemps cru que la méritocratie permettait de se hisser au-dessus de sa condition sociale, que l’on soit fille d’ouvrier ou fils de femme de ménage.
Et puis on grandit, on vieillit. Et les illusions nous quittent. Une à une.
Ce qui se passe actuellement avec nos étudiants admissibles au CAPES et au CAPLP m’ôte encore davantage d’espoir et de foi en une République qui semble à bout de souffle et se complait dans la reproduction de ses élites.
L’égalité républicaine est une nouvelle fois bafouée lorsque des étudiants français sont maltraités, au regard de la situation d’autres étudiants français. L’égalité républicaine s’arrête-t-elle aux frontières de nos territoires ultramarins ? Faut-il être un héritier pour espérer réussir, là où l’on nous assurait que les privilèges avaient été abolis depuis une certaine nuit ?
Posons donc crûment deux questions simples à tous les décideurs, responsables, élus, politiques de tous bords :
1. quelle aide allez-vous accorder pour l’hébergement des candidats aux concours (CAPES et CAPLP) qui doivent arriver en France hexagonale de manière anticipée pour se conformer à la mesure de septaine sanitaire obligatoire ?
2. quand allez-vous intervenir de manière forte auprès du Ministère de l’Éducation nationale pour que cessent les changements intempestifs de dates des oraux qui, s’ils n’affectent que peu la préparation d’un candidat dijonnais ou lillois, pénalisent grandement celles et ceux qui préparent ces difficiles épreuves à 10.000 km des centres d’examen hexagonaux ?
Posons tout aussi crûment une autre question aux technocrates du ministère : ignorez-vous (à moins que vous ne l’ayez oublié) l’investissement, les sacrifices, l’énergie, nécessaires pour décrocher le concours ?
L’Université de La Réunion est l’établissement français d’enseignement supérieur qui accueille le plus grand nombre d’étudiants boursiers au taux le plus élevé. Et pourtant, depuis sa création et dans toutes ses composantes, elle joue pleinement son rôle de service public en permettant à toutes et tous d’accéder à une formation et à une recherche de qualité.
À l’heure où les coups bas se multiplient contre les services publics (de la santé, de l’éducation, et j’en oublie), qui pourra expliquer à notre jeunesse qu’elle participe, certes, à la compétition, mais qu’elle doit courir un 110 mètres haies lorsque les autres concurrents disputent une 100 mètres plat ?
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