Des fraudes lors de l'élection du président du BOTC ?

Le président du Bourbon Olympique Tennis Club (BOTC), Patrick Potier, et les élus de son conseil d'administration sont dans le viseur de certains membres du club qui ont eu recours à la justice pour se faire entendre.
Le club du Bas de la Rivière, connu à Saint-Denis, où la plupart des membres de la bourgeoisie dionysienne pratiquent le sport en famille, fait partie des endroits dans lesquels il faut être vu. Mais derrière les tournois de tennis et le gazon bien tondu pourraient se cacher des pratiques anti-sportives.
Des irrégularités sont notamment pointées du doigt lors de l’élection de la moitié des membres du Conseil d’administration (5 sur 10) qui s’est tenue lors de l’assemblée générale du 10 octobre dernier, scrutin qui a abouti à la réélection de Patrick Potier à la présidence.
La raison : le trop grand nombre de procurations obtenues par les membres de la liste qui l'a emporté, trois par personne.
Les irrégularités : les procurations n’étaient pas datées et les mandataires pas mentionnés. Des procurations réutilisables ?
Autre source d’indignation : les consignes de votes qui circulaient parmi les mandataires. Une façon pour les nouveaux candidats d’expliquer pourquoi le vote était perdu d’avance.
Le BOTC aurait refusé de fournir la totalité des éléments de vote à la justice
Devant ce constat, les candidats avaient demandé à voir les feuilles d’émargement afin d’obtenir les éléments du vote. Refus catégorique de la part des élus du BOTC, même lorsque la demande a été effectuée par un huissier, sous ordonnance du président du tribunal judiciaire de Saint-Denis. Ils n'ont fini par réagir que sous la contrainte d'une astreinte de 800 euros par jour de retard. Et encore, les documents ne sont semble-t-il pas complets.
Un autre reproche fait aux élus concerne une assemblée générale en 2016. Patrick Potier, vice-président, avait alors pris la place de l’ancien président, décédé. Ils auraient été peu nombreux le 15 avril 2016 à décider de deux modifications de statuts en catimini : un quorum baissé à 10% et les mandats des élus passés de 2 à 4 ans.
C’est la raison pour laquelle les cinq requérants ont assigné le BOTC devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis en vue d’annuler les assemblées générales de 2016 et 2020. La juge, dans un jugement rendu le 23 mars dernier, a relevé 13 anomalies mais a estimé qu’il n’y avait malgré tout pas assez d’irrégularités pour justifier l’annulation des assemblées générales.
Concernant les consignes de vote, elle affirme : "Aucun élément de preuve ne permet d'établir que ce sont les membres sortants du conseil d'administration qui ont fait circuler ce papier". Mais elle ajoute également : "Il convient de rappeler que dans le cadre d'une association familiale et sportive, dont les membres font en grande majorité partie de catégories socio-professionnelles élevées, ce type de consigne de vote serait sinon mal venu mais également incompris et critiqué". Trop difficile, donc, de tromper des personnes éduquées de bonnes familles ?
Les cinq requérants ont décidé de faire appel de cette décision.
Le président, Patrick Potier, n’a pas souhaité répondre à nos questions.


